Sciences

Les Guillemots à cou blanc, ces oiseaux migrateurs qui parcourent 16.000 km sans raison

Temps de lecture : 2 min

Cet oiseau marin traverse le Pacifique deux fois par an et ce n’est pas pour aller dans une zone plus tempérée.

Guillemot à cou blanc | artvintage1800s.etsy.com via Flickr CC License by
Guillemot à cou blanc | artvintage1800s.etsy.com via Flickr CC License by

Chaque année, entre juillet et novembre, les Guillemots à cou blanc entreprennent un long voyage: ces oiseaux traversent en effet le Pacifique Nord, entre l’archipel canadien Haida Gwaii, au large de la Colombie-Britannique, et le Japon. Ils passent l’hiver sur place et prennent le chemin du retour en février.

Un parcours total de 16.000 kilomètres, le plus long chez les Alcidae, famille à laquelle appartiennent les Guillemots à cou blanc. À titre de comparaison, la migration des Guillemots de Brünnich couvre 70 degrés de latitude, contre 105 pour leurs cousins à cou blanc. Et tout ça sans raison apparente!

Périple ancestral

Les oiseaux migrateurs parcourent en effet habituellement de longues distances sur un axe nord-sud, afin de passer l’hiver au chaud, ou volent d’est en ouest pour avoir plus de nourriture. Mais, dans le cas des Guillemots à cou blanc, rien de tout cela. Les mers japonaises sont tout aussi tempérées que les eaux nord-américaines:

«C’est une route horriblement longue à emprunter surtout sans aucun bénéfice apparent, signale Tony Gaston, spécialiste des oiseaux marins. Je ne connais aucun autre oiseau qui couvre une si longue distance d’est en ouest, surtout pour atterrir dans des eaux très similaires à celles qu’il a quittées.»

Tony Gaston évoque toutefois une hypothèse prenant en compte l’origine de ces oiseaux marins pour expliquer leur périple annuel. Les Guillemots à cou blanc sont originaires d’Asie et ont colonisé l’Amérique du Nord il y a peu. Donc les oiseaux survoleraient chaque année la route parcourue par leurs ancêtres. «Il ne semble pas y avoir d’autre explication adéquate», ponctue Tony Gaston. On se demande combien de temps cet hommage migratoire persistera.

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