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Et si la pupille des animaux permettait de distinguer la proie du prédateur?

Grâce à ses pupilles horizontales, cette chèvre vous a à l’œil | Miklósvia Flickr CC License by

Grâce à ses pupilles horizontales, cette chèvre vous a à l’œil | Miklósvia Flickr CC License by

Des chercheurs ont démontré que la plupart des prédateurs avaient des pupilles à la verticale.

Si vous avez probablement déjà remarqué que les pupilles des chats étaient une fente verticale, saviez-vous que celles des chèvres avaient une forme horizontale? Les scientifiques, eux, l’avaient déjà noté mais ils viennent seulement d’expliquer pourquoi. Dans une étude publiée le 7 août dans la revue Science Advances et relayée par le New York Times, des chercheurs spécialistes de la vision et d’optométrie révèlent que la forme de la pupille d’un animal terrestre est corrélée à sa niche écologique: aux prédateurs les pupilles allongées à la verticale et aux proies celles qui se ferment à l’horizontale.

Ces différences ont chacune leurs avantages, que les chercheurs ont démontrés:

  • Les pupilles verticales permettent d’améliorer la vue en profondeur et d’estimer avec plus de précisions les distances –idéal pour les prédateurs en embuscade, qui peuvent se concentrer sur leur proie.

Un œil de crotale | kuhnmi via Flickr CC License by

  • Les pupilles horizontales permettent quant à elles aux animaux d’avoir une vue panoramique nette, donc de mieux détecter un éventuel prédateur et ensuite de pouvoir s’échapper en ayant une bonne notion des irrégularités du terrain environnant.

Réduire le flou

Les chercheurs ont aussi une explication à la forme arrondie des pupilles des félins comme le tigre ou le guépard. C’est que le besoin de réduire le flou des contours verticaux est moindre chez ces grands animaux que chez les plus petits. La preuve: sur les quarante-quatre expèces étudiées de prédateurs avec des pupilles verticales, 82% avaient une hauteur d’épaules inférieure à 42 cm tandis que seulement 17% des dix-neuf espèces à pupilles rondes mesuraient moins de 42 cm.

Certes, des contre-exemples peuvent être trouvés mais, pour Jenny Read, chercheuse à l’Université de Newcastle et spécialiste de la vision binoculaire qui s’exprimait dans le New York Times, ces travaux sont «un exemple incroyablement parfait» de la façon dont l’évolution et la sélection naturelle ont optimisé les yeux des différentes espèces au cours des millénaires qui nous ont précédés. D’autant que les chercheurs ont fait une autre découverte étonnante: les yeux aux pupilles horizontales des chèvres et autres herbivores comme les antilopes ont la capacité de pivoter sur un axe vertical jusqu’à 50 degrés et de rester parallèles au sol même quand ils broûtent de l’herbe. Pratique pour manger l’esprit tranquille et avoir les prédateurs à l’œil.

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