Monde

Des enfants-soldats yézidis veulent se venger de l’État islamique

Temps de lecture : 2 min

Entraînés par le PKK, de jeunes Yézidis prennent les armes pour se défendre contre Daech et venger leurs proches disparus.

Une famille yézidie et un soldat faisant parti d'un convoi transportant le corps d'un soldat des YBŞ à proximité de Sinjar. - REUTERS/Asmaa Waguih
Une famille yézidie et un soldat faisant parti d'un convoi transportant le corps d'un soldat des YBŞ à proximité de Sinjar. - REUTERS/Asmaa Waguih

Mat Wolf, journaliste du Daily Beast, est allé au mont Sinjar, en Irak, lieu de repli des derniers Yézidis qui ne se sont pas réfugiés dans les camps kurdes après les attaques que l’État islamique a commencées dans ce pays en août 2014.

Réunis au sein des Unités de résistance de Sinjar (YBŞ), créées à l’aide de militants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), ces femmes et hommes yézidis se sont jurés de défendre leurs terres et de se venger des exactions commises par l’État islamique.

Attaqués en août 2014 par Daech, qui les considère comme infidèles et satanistes, les Yézidis n’ont d’abord pu compter sur personne et ont été exécutés ou kidnappés par l’organisation djihadiste.

«Force de protection»

Ce sont finalement les forces du YPG, et leurs alliés du PKK, qui ont sécurisé la zone. Quand les soldats du PKK et du YPG ont proposé aux survivants yézidis de l’aide pour les entraîner à se défendre, les premières unités se sont formées. Aujourd’hui, la plupart des soldats des YBŞ ont 20 ans ou moins et sont plus motivés que jamais pour défendre leurs terres. Ari, une jeune recrue de 16 ans, se réjouit de cette chance:

«La prochaine fois que [nos ennemis] viendront, nous serons la force de protection des Yézidis.»

Si les soldats sont aussi jeunes, c’est directement lié aux actions de l’État islamique, selon Khalil al-Dakhi, un activiste yézidi spécialisé dans le sauvetage d’enfants kidnappés par l’État islamique. Après l’horreur de l’endoctrinement djihadiste, ceux-ci rêvent de vengeance et intègrent les YBŞ sans se poser de question.

À la question de la moralité d’enrôler des enfants-soldats, Ager, un kurde de 24 ans affilié au PKK depuis plusieurs années, répond sans complexe:

«Je n’aime pas cette question parce qu’ici nous sommes tous pareils. [...] Nous devons tous faire face à l’ennemi».

Au-delà de l’entraînement physique, le PKK, et a fortiori les membres des YPG, transmet à ses recrues yézidies le culte de son chef emprisonné en Turquie, Abdullah Öcalan, et son idéologie marxiste-léniniste. Pourtant, l’organisation kurde n’a pas pour but d’assimiler ce territoire, dont il respecte la souveraineté yézidie. Le gouvernement kurde d’Erbil, en conflit idéologique avec le PKK, revendique le territoire de Sinjar et ne cesse d’appeler le PKK et les YPG à quitter le sol irakien. Ceux-ci refusent tant que la menace de l'EI plane sur les Yézidis, mais les récents bombardements turcs pourraient bien menacer de rompre cet équilibre.

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