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Drake est-il un faux rappeur fragile?

Drake en concert à Toronto en juin 2015, Fred Thornhill/Reuters

Drake en concert à Toronto en juin 2015, Fred Thornhill/Reuters

Le site Pitchfork accuse le rappeur de surjouer un rôle d’«outsider» à contre-courant de la masculinité traditionnelle de l’univers rap, alors qu’il n’en n’est rien.

Drake nous aurait-il baladés avec son image de probité? C’est la thèse d’une tribune publiée sur le site Pitchfork.

L’article s’ouvre par les confidences tendres de la journaliste, ex-fan agacée par l’inauthenticité de l’univers artistique du rappeur, auquel elle a pourtant cru:

«J’avais la sensation que Drake m’avait comprise, oscillant constamment entre une audace illégitime et un dégoût de soi, obsédé par des pensées sur le succès et l’intimité que je n’avais pas forcément vécues à titre personnel, mais que grâce à lui, je pouvais quasiment goûter. (…) Je cherchais une direction et ça faisait du bien de prendre part à un phénomène en temps réel, d’assister au décollage de ce poids-lourd

Sauf que voilà, le Canadien semble aujourd'hui gagné par un mercantilisme bas du front et une virilité de plus en plus agressive avec des relents de misogynie. Le dernier incident en date à la défaveur de Drake, c’est sa rivalité avec entre le rappeur américain Meek Mill, petit-ami de Nicky Minaj. Ce dernier l’a accusé d’avoir recourt à un «nègre» pour écrire ses textes.

La rumeur veut que celui-ci soit un rappeur d’Atlanta, Quentin Miller. Plus encore que le fond de cette accusation en tant que telle, c’est la manière dont Drake gère le scandale qui agace le Pitchfork.

Mèmes dégradants

Lundi 3 août, le rappeur s’est produit lors du festival October’s Very own en diffusant sur l’écran géant des tweets et des mèmes dégradants à l’encontre de son rival. La journaliste du Pitchfork rappelle qu’en 2011, Drake déclarait pourtant que la chose qu’il déplorait le plus chez sa génération, c’était la popularité de Tumblr et l’ effervescence parfois dérisoire du Net:

«Au lieu de sortir et de vivre leurs propres moments, les enfants reprennent ses images et vivent par procuration dans les moments des autres.»

Le texte se finit sur un beau passage à la fois triste et résolu sur le triomphe de la «marque» sur «l’âme» et de la création 100% artificielle du «contenu». Nous serions-nous laisser avoir par un artiste faussement authentique?

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