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«Dès que c’est difficile, je me jette dans les bras du premier venu»

Détail du tableau de Nicolas Poussin «Bacchanale devant une statue de Pan»

Détail du tableau de Nicolas Poussin «Bacchanale devant une statue de Pan»

Cette semaine, Lucile conseille Elisabeth, qui ne peut s’empêcher des incartades et souffre d’être infidèle à son époux.

Je suis mariée, mère de famille et heureuse. Malheureusement, j’ai été infidèle plusieurs fois à mon époux et ai failli tout perdre lorsqu’il l’a découvert.

J’ai rencontré mon époux il y a quinze ans maintenant. Dès le début, notre relation était forte et fusionnelle. Mais on était jeunes… La lassitude s’est installée et j’ai succombé à la tentation quatre ans plus tard. J’ai eu deux amants. Le premier était uniquement sexuel. J’ai justifié cet écart auprès de ma conscience par ma jeunesse et mon manque d’expérience. Je savais bien que c’était mal et qu’il ne méritait pas ça, mais je l’aimais toujours, alors je ne l’ai pas quitté.

Quelques mois plus tard, je suis tombée amoureuse d’un autre homme et j’ai eu une nouvelle relation cachée. Sauf que je n’arrivais pas à faire comme si de rien n’était avec mon compagnon. Il s’en est rendu compte et je ne lui ai pas menti. Il m’a demandé de choisir et je l’ai choisi lui. Suite à ça, j’étais un peu perdue. Je n’avais pas la tête sur les épaules, je crois. Avec mon compagnon, on a décidé de faire une «pause». Mais quand on se voyait, je ne pouvais pas m’empêcher de l’embrasser et de le prendre dans mes bras.

Très peu de temps après, j’ai eu un troisième amant. Je crois que je n’avais même pas réfléchi, j’avais mis mon cerveau «en pause» aussi. Mon compagnon s’en est aussi rendu compte et je n’ai pas menti cette fois non plus. J’ai pris conscience que je faisais n’importe quoi et j’ai décidé de rompre avec lui.

Quelques jours plus tard, j’ai eu une crise d’angoisse qui m’a fait comprendre qu’il était l’homme de ma vie. J’ai tout fait pour le reconquérir et retrouver sa confiance. On s’est mariés, on a eu deux enfants et tout s’est bien passé pendant près de dix ans.

L’année dernière, on a eu quelques problèmes. Mon mari n’était plus sûr de vouloir continuer avec moi et ça m’a anéantie. On a eu quelques mois difficiles. Je me suis alors rapprochée d’un copain dont je croyais être tombée amoureuse. Mon mari l’a découvert immédiatement et j’ai mis fin à cette relation. Par ailleurs, il a incroyablement bien réagi. Il est redevenu très affectueux avec moi, comme avant.

J’ai conscience de la chance que j’ai d’avoir été pardonnée si souvent

Voilà donc mon problème. Apparemment, dès qu’il y a des difficultés, je me jette dans les bras du premier venu. C’est horrible. Je ne veux pas être comme ça. Je sais qu’on aura encore des moments difficiles à l’avenir, comme ça arrive à tout couple, et je ne veux pas foutre en l’air ma famille à ce moment-là. J’ai conscience de la chance que j’ai d’avoir été pardonnée si souvent. Je ne veux plus que ça recommence, mais comment en être sûre? Il s’était passé dix ans depuis mes précédentes incartades et je pensais que ça ne reviendrait jamais. Mais là, j’ai été incapable de me contrôler. Comment puis-je faire pour empêcher que ça recommence? Dois-je consulter un psy?

Elisabeth

Chère Elisabeth,

Votre honnêteté vous honore, beaucoup de femmes (et d’hommes) n’ont pas le courage de regarder en face leurs incartades et surtout la vraie raison de celles-ci. Et je comprends votre peur. Vous savez que c’est une faiblesse, comme une addiction honteuse dans laquelle vous pouvez replonger à tout moment.

La différence avec les fois précédentes, c’est que vous avez conscience de cette faiblesse. Cette prise de conscience est une nouvelle force. Vous pouvez décider d’en parler plus en profondeur avec votre conjoint, qui pourra alors être un appui non négligeable au moment de la prochaine période de difficulté. Ou bien à une amie. Ne restez pas seule avec ce problème, prenez un proche à partie. Quelqu’un qui ne vous jugera pas pour vos écarts passés et qui saura vous mettre une petite tape sur la main au moment où ce sera nécessaire.

Ces histoires, ce sont vos doutes et vos angoisses

J’ai vécu comme vous ces incartades qui ne servent qu’à masquer un malaise. Dans mon cas précis, une histoire mourante. Je peux vous dire que la fin de la relation problématique mais aussi de la «double vie» qu’elle appelait chez moi a été une libération. Il donc a fallu pour ça que je découvre ce dont j’avais vraiment envie et que je trouve le courage de l’obtenir. Il y a dix ans, c’est votre compagnon que vous avez choisi. Et ce choix fort s’est soldé par dix années de fidélité. À présent, vous traversez une nouvelle crise. Reposez-vous les mêmes questions. Si cet homme avec qui vous avez eu des enfants est toujours celui avec qui vous voulez faire votre vie, alors il n’y aura pas de palliatif.

Ces histoires, ce sont vos doutes et vos angoisses. Je ne crois pas qu’une aide psychologique soit nécessaire si vous continuez à être honnête avec vous-même. Que voulez-vous vraiment? Vous sentez-vous en sécurité dans votre relation? Vous sentez-vous libre? Cherchez à tout prix (même au prix de votre couple ou de votre famille) votre sérénité et vous n’aurez plus à craindre de faire des choses que vous êtes sûre de regretter par la suite. 

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