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Les femmes sont désormais priées d'être Instagram-compatibles après l'accouchement

La Duchesse de Cambridge, après son accouchement, le 23 juillet 2013 | REUTERS/Cathal McNaughton

La Duchesse de Cambridge, après son accouchement, le 23 juillet 2013 | REUTERS/Cathal McNaughton

Il fallait bien que ça arrive...

Le cheveu broussailleux, l'haleine fétide résultant de plusieurs heures sans boire ni manger, les yeux injectés de sang, le front luisant, la blouse jaunâtre de l'hopital enduite de différentes sécrétions corporelles... Voilà l'état dans lequel se trouve généralement une femme dans les minutes, voire les heures qui suivent son accouchement. Et pour cause, selon la légende, accoucher équivaut à enchaîner deux marathons. Et même si la comparaison n'était physiologiquement pas valable, il est a priori évident qu'une femme qui vient d'accoucher n'est pas censée avoir à se préoccuper de son apparence physique, à ce moment précis.

Mais il fallait bien que ça arrive: après le besoin –plus problématique encore– d'être photogénique pendant la grossesse, les femmes sont désormais priées d'être Instagram-compatibles après l'accouchement. C'est en tout cas ce que semble suggérer l'émergence d'un nouveau service dont se fait écho le New York Times.

Pour son second accouchement, Donna Yip a fait appel au «Julien Farel Restore Salon & Spa», un salon d'ésthetique qui déboule à la maternité avec fer à lisser, fond de teint et autre gloss pour administrer les premiers soins post-partum: brushing et bb-crème. Le propriétaire du salon affirme que ses réservations ont augmenté de 200% ces derniers mois. Et ce malgré les prix exorbitants: Julien Farel facture ce service 500 dollars, d'autres salons vont jusqu'à faire payer 700 dollars à leurs clientes.

Urgence d’être jolie sur les photos

«Beaucoup de nos patientes ont des accouchements longs et difficiles et se disent “Ok, je veux des photos cool de mon bébé et moi”», rapporte une infirmière qui affirme avoir plus d'une dizaine de numéros d'esthéticiennes dans son repertoire téléphonique, qu'elle distribue allègrement aux jeunes accouchées. Car si ces femmes peuvent tout à fait vouloir être jolies pour elles-mêmes, ou pour les proches qui leur rendent visite, l'urgence semble bien d'être jolie sur les photos qui seront diffusées sur Internet après l'accouchement. À l'image d'une Kate Middleton brushée et juchée sur talons hauts, dix heures à peine après son accouchement, et qui avait, elle-même, fait appel à un coiffeur.

La Duchesse de Cambridge, avec son bébé, devant le St Mary's Hospital où elle a accouché, le 23 juillet 2013, à sa sortie de clinique | REUTERS/Cathal McNaughton

La même duchesse au lendemain de son deuxième accouchement, à la sortie du même hôpital, à Londres, le 2 mai 2015 | REUTERS/Suzanne Plunkett

Si toutes les photos postées pendant ou après l'accouchement ne semblent pas toutes tirées des pages mode d'un magazine féminin, il n'en reste pas moins que les accouchements sont de plus en documentés sur Internet, à l'image du projet Instabirhstory mené par un photographe qui publie en temps réel les photos parfois crues d'accouchements auquel il assiste.

«Être belle après avoir accouché» n'est pourtant pas un sujet récent. Les blogs fourmillent de conseils beauté pour «être impeccable le jour J». Et notamment sur les photos qui «vont vous poursuivre toute la vie». Il est ainsi conseillé de «prévoir une manucure et surtout une pédicure» et aussi de «bien choisir sa lingerie» (spoiler: la précaution est inutile, vous porterez une culotte-filet jetable).

(Mais votre ventre ne ressemblera pas à ça.)

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