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Pourquoi Donald Trump est-il invincible (pour l'instant)?

Donald Trump sur son golf écossais, le 1er août 2015. Reuters / Russell Cheyne

Donald Trump sur son golf écossais, le 1er août 2015. Reuters / Russell Cheyne

Les Américains savent très bien qui il est, depuis longtemps, et tous ceux qui l'ont apprécié malgré tout ont peu de chance d’être refroidis aujourd'hui.

Le Trump Show n’a pas fini de passionner les foules.

Dans le sondage publié le 30 juillet dernier par l’Université de Quinnipiac, Donald Trump émerge de nouveau de la masse des candidats républicains. Il y est crédité du soutien de 20% des sympathisants du parti, soit le plus haut score obtenu par un compétiteur dans les sept enquêtes réalisées par cette université au cours des deux dernières années. 

Ce n’est certes qu’un sondage, mais c’est tout sauf une aberration. Car ces intentions de vote sont parfaitement cohérentes avec son score moyen de 19,8 % établi à partir de différents sondages par RealClearPolitics. Son avance de 7 points sur le deuxième candidat en lice, Scott Walker, est également en adéquation avec les 6,2 points qui, en moyenne, l’ont séparé du reste du peloton dans les cinq dernières enquêtes d’envergure nationale, qui l’ont toutes placé au premier rang. Bien sûr, ces chiffres ne peuvent pas prédire l’avenir. Mais ils montrent bien que, plus qu’aucun autre des 16 républicains visant l’investiture, Donald Trump a réussi à rapidement rassembler une vaste coalition de supporters.

S’il est évident que sa progression actuelle va faire long feu, la question reste de savoir pendant combien de temps «The Donald» va mener la course. Car cette dernière enquête, menée sur une période de plusieurs jours, a pris fin le 28 juillet. Et la plupart des répondants n’étaient donc pas informés des dernières controverses, comme celle impliquant son impitoyable avocat qui a brièvement nié la réalité du viol conjugal; ou comme ces vieux documents prouvant qu’il avait qualifié une avocate de la partie adverse de «répugnante» pour avoir demandé une pause au cours d’une déposition afin de tirer son lait; ou enfin comme cette analyse indépendante établissant que sa soi-disant fortune de «10 MILLIARDS DE DOLLARS» serait en réalité trois fois moins importante. Il serait pourtant surprenant que cette série de faux pas –ou que ceux qui sont encore à venir d’ailleurs– grignote sa  popularité.

Habitude

Car, pendant plus de dix ans, des millions d’Américains ont vu cet homme humilier des candidats dans son émission de télé-réalité. Il a également lancé sa campagne électorale avec une diatribe incohérente et xénophobe contre les immigrés. Et tous ceux qui ont apprécié ce qu’il disait alors ont aujourd’hui peu de chance d’être refroidis –ou même surpris– par les dérapages présents ou passés émanant de la Trump Tower. Ils ne l’ont certainement pas été le mois dernier quand le milliardaire s’est attaqué, sans prévenir, à la carrière militaire de John McCain ou quand il a partagé le numéro de mobile de Lindsey Graham avec le monde entier

Au contraire, le fait qu’il soit resté droit dans ses bottes face aux torrents de critiques qui ont suivi a même sans doute renforcé sa popularité. (Et aujourd’hui, il qualifie encore d'«horrible» l’avocate qu’il trouvait jadis répugnante.) Mais comme l’un des répondants d’une enquête de Bloomberg dans le New Hampshire l’expliquait récemment: «Il reste fidèle à ce qu’il croit et, pour moi, c’est ça qui compte.» Car de nombreux américains ont beau le croire fou, il est pourtant, aux yeux une partie non négligeable de l’électorat conservateur, le seul candidat vraiment sérieux.

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