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Chez Netflix, les congés paternité et maternité vont être illimités

Maternity | Philippe Put via Flickr CC License by

Maternity | Philippe Put via Flickr CC License by

Le service de vidéo en ligne prône une culture de «la liberté et de la responsabilité».

Alors que l'action de Netflix bat des records en bourse, la société américaine vient d'annoncer dans un post de blog un nouveau programme en faveur de ses employés: les congés paternité et maternité illimités:

«Nous mettons en place une politique de congé illimités pour les nouvelles mamans  et les nouveaux papas pour leur permettre de disposer d'autant de temps qu'ils le souhaitent pendant la première année après la naissance de leur enfant ou après une adoption.»

Le service de vidéo en ligne tient à montrer combien il se soucie du bien-être de ses employés. Les jeunes parents pourront choisir de revenir travailler à temps plein ou à temps partiel. «Et nous allons continuer à les payer normalement», ajoute la compagnie, pour «leur éviter les maux de tête liés au changement de statut ou à des problèmes de salaire».

Tout pour attirer les meilleurs talents

Cette nouvelle mesure n'est évidement pas motivée par un pur altruisme. L'entreprise soigne son image en même temps que les conditions de travail de ses employés, afin qu'ils soient le plus performant possible:

«L'expérience montre que les gens ont de meilleures performances au travail lorsqu'ils n'ont pas à s'inquièter de ce qu'il se passe à la maison.»

Aux États-Unis, les entreprises les plus en vues –et c'est encore plus vrai dans la Silicon Valley, avec par exemple Google ou Facebook– rivalisent d'inventivité pour proposer des avantages à leurs employés afin d'attirer et de retenir les meilleurs profils chez eux. D'ailleurs, Netflix ne s'en cache pas: 

«Le succès continu de Netflix dépend de notre capacité à garder les individus les plus talentueux dans son domaine.»

Congés maternités inexistants aux États-Unis

Cela dit, ces mesures ne sont pas du luxe. Aux États-Unis, les seuils sociaux légaux sont très bas. Pour tous ceux qui n'ont pas la chance de travailler chez Netflix, les congés maternités sont tout simplement inexistants.

Sous la pression des salariés –et pour redorer leur image sociale–, plusieurs grandes entreprises américaines ont mis la main à la poche ces derniers mois. Walmart s'est engagé à porter le salaire minimum à 10 dollars (contre 7,25 dollars pour le seuil légal), imitant, un an après, le distributeur de vêtement Gap. En février, McDonald’s a lui aussi revalorisé le salaire de 90.000 de ses employés, soit 10% de son réseau dans le pays.

Productivité illimitée

Chez Netflix, comme chez Virgin, les salariés étaient déjà autorisés à prendre autant de vacances qu'ils le souhaitent à condition de s'organiser avec leurs collègues. Un système «cool», fidèle à l'image que les start-ups américaines veulent renvoyer, et qui fait beaucoup rêver les employés français.

Pourtant ces congés «illimités» n'en ont souvent que le nom. Comme le précise Netflix dans son communiqué, l'entreprise «favorise une culture de liberté et de responsabilité»: les employés doivent prendre leur propre décision, en tenant compte du contexte de l'entreprise, de leurs responsabilités. En somme, liberté totale à condition d'assurer les délais de leur projet et de ne pas nuire aux affaires de Netflix.

Le double-tranchant de cette proposition a souvent été montré du doigt. Un sentiment de culpabilité peut naître chez les employés, craignant de trop abuser du système, ou qui se montrent trop zélés pour laisser tomber le travail. L'entreprise, elle, ne prend pas beaucoup de risques. En général, ces mesures aboutissent, pour elle, à un gain de productivité.

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