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Moustafa Badreddine, le fantôme à la tête des opérations du Hezbollah en Syrie

Temps de lecture : 2 min

Le Daily Beast revient sur la personnalité sulfureuse de cet homme qui, «officiellement, existe à peine».

Photographies de Moustafa Amine Badreddine / REUTERS.
Photographies de Moustafa Amine Badreddine / REUTERS.

Il se nomme Elias Fouad Saab, parfois aussi Sami Issa. Le plus souvent Moustafa Amine Badreddine. Selon al-Akhbar, journal pro-Hezbollah, et le département du Trésor des États-Unis, cet homme dirige les opérations militaires du Hezbollah contre les rebelles en Syrie. Le Daily Beast revient sur la personnalité sulfureuse de Badreddine.

Auteur de nombreux attentats

Né en 1961, à Ghobeiri, un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, Moustafa Badreddine a 14 ans quand la guerre civile éclate. Il rejoint une faction palestinienne du Fatah avant de faire défection pour une milice du mouvement chiite Amal, milice qui deviendra plus tard le Hezbollah. Il organise ensuite des attentats, dont celui qui a tué 241 marines américains en 1983 à Beyrouth, et un autre contre l'ambassade américaine de Koweit qui provoque la mort de six personnes.

L'année suivante, les Koweiti le condamnent à mort et l'emprisonnent. Six ans plus tard, Saddam Hussein envahit le pays voisin. Badreddine s'en sort et rentre au Liban. Il entraîne les combattants palestiniens et mène la résistance contre les troupes israéliennes, qui occupent le pays jusqu'aux années 2000. Certains pensent aussi que Badreddine a participé à d'autres attentats pas seulement à Beyrouth, mais aussi à Buenos Aires ou Bagdad.

Fantôme qui ne laisse pas de traces

Pourtant, rares sont ceux qui le connaissent, car, «officiellement, il existe à peine», explique Alex Rowell, auteur de l'article du Daily Beast. Ni passeport, ni permis de conduire, ni compte en banque, ni propriété, ni entrées-sorties du territoire ne sont enregistrés à son nom au Liban. Le journaliste cite ensuite Graeme Cameron, procureur du Tribunal spécial pour le Liban, créé à La Haye pour juger les auteurs de l'assassinat commis en février 2005 contre le Premier ministre libanais Rafiq Hariri:

«Badreddine passe pour un fantôme irreconnaissable et virtuellement intraçable à travers le Liban, ne laissant aucune empreinte.»

Décrit comme un coureur de jupons par le journaliste du Daily Beast, Moustafa Badreddine semble aussi déterminé. Il continue par exemple à se rendre au Liban. Il aurait assisté en janvier dernier aux funérailles de son neveu Jihad Moughniyeh[1], tué par un drone israélien dans le Golan syrien. L'homme est pourtant sous mandat d'arrêt prononcé par le Tribunal spécial pour le Liban depuis le 30 juin 2011.

1 — Jihad Moughniyeh est le fils d'Imad Moughniyeh, chef militaire du Hezbollah tué en 2008 dans un attentat à la voiture piégée à Damas (Syrie).

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