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La plus grande menace pour les journalistes mexicains ne vient pas des cartels

Dessin d'un policier mexicain de dos | Surian Soosay via Flickr CC License by

Dessin d'un policier mexicain de dos | Surian Soosay via Flickr CC License by

Les attaques contre les journalistes sont devenues de plus en plus communes dans le sud du Mexique, et sont majoritairement le fait de représentants publics ou de policiers.

Être journaliste au Mexique, c’est courir des risques immenses. L’évolution du pays ne favorise pas l’émergence de plus de liberté d’expression et les meurtres de journalistes sont toujours d’actualité. Articlo 19 en comptait six avant la mort de Ruben Espinosa le 31 juillet 2015. Le site recense également 227 attaques sur les six premiers mois de 2015. C’est considérablement plus que la moyenne annuelle de 182 attaques lors de la présidence de Felipe Calderon (2006-2012).

Mais l’appréhension de ces attaques a changé. Géographiquement, celles-ci sont de plus en plus nombreuses au sud du pays, comme le montre le site Periodistas en Riesgo. Le journaliste Javier Garza Ramos, partenaire du Centre international pour les journalistes (ICFJ), expliquait au journal El Pais que la baisse de violence dans le nord, notamment à Tijuana et Ciudad Juarez, avait déplacé l’attention sur le nombre croissant d’incidents du centre et du sud du pays.

La police, plus coupable que les cartels

Les membres de cartels ont toujours été vus comme les principaux agresseurs de journalistes car leurs attaques étaient bien plus spectaculaires. Selon Garza, «ce sont ceux qui attaquent le plus violemment, mais, quantitativement, ce ne sont pas ceux qui attaquent le plus».

Les représentants publics et les policiers sont les premiers responsables selon lui, avec des attaques allant de la menace et de l’intimidation jusqu’au kidnapping, au passage à tabac et à l’homicide.

Prenons l’État de Veracruz, un «enfer» pour les journalistes souligne la BBC. Sur les dix-huit meurtres de journalistes depuis 2000, entre douze et quatorze selon les sources l’ont été sous la mandature du gouverneur actuel, Javier Duarte, dont trois cette année. Le documentaire Death in Veracruz décrit bien la situation. Les autorités semblent avoir un lien avec les cartels qui luttent pour le contrôle du port, et elles menacent ouvertement les journalistes qui s’y intéressent. L’un d’eux, José Moisés Sánchez Cerezo, a été retrouvé mort en janvier 2015 alors qu’il enquêtait sur la corruption policière.

En 2014, le Mexique était classé septième dans l’indice du CPJ des pays où les assassins de journalistes échappent le plus à la justice, juste derrière l’Afghanistan, la Syrie, la Somalie et l’Irak pour ne citer qu’eux. Face au manque de protection fédérale pour les journalistes en danger, leur sort n’est pas prêt de s’améliorer.

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