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En quoi le djihadiste de Copenhague ressemble aux frères Kouachi

Omar El-Hussein photographié par la police en 2013 | Reuters

Omar El-Hussein photographié par la police en 2013 | Reuters

Sentiment de marginalité aigu, banditisme et séjour en prison: Omar El-Hussein, le djihadiste de Copenhague, a un profil proche de celui des frères Kouachi.

Sur le modèle du portrait exhaustif qu’avait signé Le Monde sur les frères Kouachi, le magazine américain The New Republic vient de publier un long portrait d’Omar El-Hussein, le terroriste de Copenhague.

William Wheeler, l’auteur de l’article, présente la radicalisation islamiste comme un phénomène global et européen:

«Comme les tireurs de Paris, El-Hussein était un jeune homme instable. Mais il n’était pas que ça: c’était aussi un musulman dans une nation européenne anciennement homogène, qui l’est aujourd’hui à l’évidence bien moins, et avec laquelle il était en rupture

Premier rapprochement évident entre le tireur de Copenhague et les terroristes de Paris: dans les deux cas, les instances de pouvoir et le mode de vie occidental ont été vécus comme des moyens d'humiler l'islam.

«Prétexte pour pisser sur l’islam»

Le journaliste de New Republic est allé à la rencontre des amis d'Omar El-Hussein. Le jeune Abdurramadan, son ancien colocataire, dresse un portrait très sombre de la situation de la communauté musulmane au Danemark. Entre démêlés des jeunes avec la police, sensation de stigmatisation de la part des hommes politiques et les satires du prophète dans la presse, les musulmans se sentiraient comme des «citoyens de seconde zone».

«On est des mecs bien comme lui [El-Hussein]… Mais quand les gens nous mettent la pression… alors on explose.»

Pour le sociologue Aydin Soei, qui a rencontré El-Hussein en 2011, cette «conviction nourrit un récit de victimisation, qui devient une sorte de prophétie auto-réalisatrice pour ceux qui ne quittent jamais leurs communautés insulaires». Ainsi, pour un des proches du djihadiste, le concept de liberté d’expression serait même «un prétexte pour pisser sur l’islam».

Le parallèle entre les frères Kouachi et Omar El-Hussein vient aussi du fait qu'ils viennent tous les trois du milieu du banditisme. Cela en fait des profils particulièrement séduisants pour Daech. Selon Anja Dalgaard-Nielsen, qui travaille pour les services de renseignements danois, «le vieil al-Qaida […] n’était pas particulièrement intéressé par les grands truands. Ou par les gens atteints de maladie mentale –parce qu’ils sont imprévisibles et qu’ils peuvent faire des choses folles susceptibles de souiller votre image. Et là, [il croit] qu’on est confronté à un vrai défi puisque l’État islamique s’est plus ou moins rendu célèbre en faisant des choses folles».

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