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Donalp Trump est un symptôme de l’exaspération des Américains vis-à-vis de leur classe dirigeante

Donald Trump dans son golf en Écosse, le 30 juillet 2015 | Reuters / Russell Cheyne

Donald Trump dans son golf en Écosse, le 30 juillet 2015 | Reuters / Russell Cheyne

Le fait qu’un bénéficiaire du système inégalitaire se pose en candidat anti-système n’est pas nouveau.

Dans la course pré-électorale pour désigner les candidats américains à l’élection présidentielle, le milliardaire Donald Trump suscite beaucoup d’interrogations: voici un membre éminent de la classe dirigeante américaine qui séduit une partie de la base électorale conservatrice, justement par un discours anti-élite prononcé.

Robert Reich, ancien secrétaire d’État au Travail de Bill Clinton et économiste à qui on doit en partie la prise de conscience du creusement des inégalités par le grand public américain, revient sur ce paradoxe. Ce qui est nouveau, souligne-t-il dans une tribune publiée sur Salon, ce n’est pas que des représentants et bénéficiaires du système inégalitaire se posent en candidat anti-système: c’est le degré de colère de la population contre ce système.

Les Américains, qui toléraient l’existence de leur classe dirigeante pendant les Trente Glorieuses, n’étaient plus que 19% en 2012 à estimer que leur gouvernement travaillait pour le bien de l’ensemble de la population, les autres étant convaincus que les dirigeants ne veillent qu’aux intérêts d’une minorité privilégiée.

Milliardaire porte-voix des déshérités

Cette colère se manifeste de manières opposées d’un bout à l’autre du spectre politique. À droite, c’est le Tea Party qui a remporté l’adhésion de la base républicaine, avec un discours basé sur l’austérité, la réduction de l’intervention publique et une vision raciste de la société. C'est pourquoi le paradoxe de voir un milliardaire se poser en porte-voix des déshérités importe finalement moins que le niveau de colère de ces derniers:

«Plus ses diatribes et ses insultes sont outrageuses envers les autres responsables politiques, plus il devient populaire dans la partie du public qui se réjouit qu’un milliardaire pompeux et raciste tape sur la classe dirigeante.»

À gauche, la colère a été canalisée dans le mouvement Occupy, dont le candidat démocrate à l’investiture le plus proche est Bernie Sanders.

Or, selon Reich, les candidats les plus susceptibles de porter l’investiture de leur parti respectif sont Jeb Bush côté républicain et Hillary Clinton côté démocrate, qui incarnent chacun selon l’auteur les intérêts des classes dirigeantes américaines... et n’agiront donc pas contre ell. Le problème ne sera donc pas réglé et la défiance vis-à-vis des élites se maintiendra après 2016. Trump fait néanmoins la course pour l'investiture républicaine en tête, si l’on en croit le dernier sondage réalisé par CBS.

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