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Grosse fraude à l’origan au Royaume-Uni

Oregano | Joy Ito via Flickr CC License by

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Un échantillon sur quatre est coupé avec d’autres ingrédients.

L’origan, herbe méditerranéenne parfaite dans la sauce tomate et la pizza –mais pas seulement– s’exporte souvent en version séchée. Ce qui peut donner lieu à des fraudes discrètes et faciles: selon Which?, une organisation de protection des droits des consommateurs, 25% de l’origan vendu au Royaume-Uni n’est pas du pur origan.

L’étude a été réalisée par Chris Eliott, spécialiste de la fraude alimentaire et directeur de l’Institute for Global Food Security (Institut pour la sécurité alimentaire globale) à l’Université Queen's de Belfast. Il a testé soixante-dix-huit échantillons d’origan venant de cinquante points de vente, grands magasins et plus petits commerces spécialisés au Royaume-Uni et en Irlande.

Résultat: un échantillon sur quatre contenait des ingrédients imposteurs, pas du tout censés se trouver dans ces pots d’herbe aromatique. Il s'agissait généralement de feuilles séchées d’olivier ou de myrte, à l’apparence presque identique mais bien moins chères (et cependant sans danger pour la santé).

Ingrédients «ajoutés»

Dans les produits trafiqués, la proportion d’ingrédients «ajoutés» variait de 30 à 70%. Donc un petit pot d’origan peut au Royaume-Uni ne contenir que 30% de véritable d’origan…

Richard Lloyd, le directeur de Which?, explique au Telegraph qu’il est «impossible pour un consommateur d’affirmer, sans l’aide de scientifiques, quelles herbes il est en train d’acheter» et appelle donc le gouvernement faire plus d’efforts pour lutter contre la fraude alimentaire. 

70%

La proportion maximale de feuilles séchées d’olivier, de myrte ou d’autres herbes aromatiques trouvée dans les pots d’origan

Chris Elliot n’est quant à lui pas très optimiste, et pense que cette histoire est un peu le haut de l'iceberg:

«De toute évidence, nous avons identifié un problème majeur, qui pourrait bien refléter d’autres problèmes avec des herbes et des épices qui entrent en Grande-Bretagne à travers des chaînes d’approvisionnement complexes.»

Quant à la FSA (Food standard agency, agence britannique des normes alimentaires), elle affirme qu’il est «vital que la nourriture que les gens achètent corresponde à ce que dit l’étiquette. C’est la responsabilité des fournisseurs de tester leurs produits pour s’assurer que les consommateurs ne soient pas induits en erreur». L'agence déclare qu’elle a déjà commencé à travailler sur cette problématique (en recherchant des allergènes non déclarés dans les herbes et les épices), et qu'elle va poursuivre le travail de Which? en investiguant auprès des entreprises concernées. 

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