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Le commerce équitable n'aide pas les travailleurs pauvres

Temps de lecture : 2 min

Les conditions d’attribution d’un label de commerce équitable ne favorisent pas les producteurs les plus pauvres, et les travailleurs des producteurs labellisés n’ont pas vu leurs conditions de travail s’améliorer significativement.

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Une banane labellisée «fairtrade» | Dave Crosby via Flickr CC License by

Le blog Marginal Revolution, tenu par Tyler Cowen and Alex Tabarrok, professeurs d’économie à l’Université de George Mason, en Virginie, s’est intéressé aux retombées économiques du commerce équitable sur les travailleurs les plus pauvres de la planète. Le principe du commerce équitable repose sur la volonté de certains consommateurs «responsables» de payer des produits venus de pays pauvres un peu plus cher pour favoriser leur développement.

Dans une vidéo, l’économiste Don Boudreaux nous explique que les normes de certification établies par l’Organisation mondiale du commerce équitable (WFTO) ne peuvent être supportées par les producteurs les plus pauvres de la planète:

«Par exemple, la majorité de la production de café labellisée “commerce équitable” vient de pays relativement riches comme le Mexique et le Costa Rica, qui sont dix fois plus riches que les pays les plus pauvres du globe comme l’Éthiopie.»

Victime du système

Qui plus est, les travailleurs à l’origine des produits pris en charge par des producteurs labellisés ne bénéficient presque pas des retombées financières du commerce équitable. Le Business du commerce équitable, reportage signé Donatien Lemaître diffusé sur Arte en 2013, montrait comment les bénéfices étaient captés par les détaillants. Certains producteurs de République dominicaine labellisés par l'association Max Havelaar employaient même à l'époque des clandestins haïtiens à la limite de l'exploitation. La belle idée du commerce équitable, «inattaquable» en théorie selon Lemaître, est elle aussi victime dans la pratique du système de la distribution alimentaire.

Interrogé par Alex Tabarrok dans Marginal Revolution, William MacAskill, auteur de Doing Good Better, défend une posture bien différente de la consommation responsable, telle que la définit le commerce équitable. Selon lui, il vaudrait mieux donner le surplus que les consommateurs sont prêts à payer pour des produits issus du commerce équitable à des associations auxquelles ils font confiance.

Slate.fr

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