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L’Iran a créé un faux document Wikileaks pour décrédibiliser un de ses détracteurs

Ahmed Shaheed au lancement de Human Rights and Democracy: The 2012 Foreign & Commonwealth Office Report à Londres, le 15 Avril 2013 | Foreign and Commonwealth Office via Flickr CC License by

Ahmed Shaheed au lancement de Human Rights and Democracy: The 2012 Foreign & Commonwealth Office Report à Londres, le 15 Avril 2013 | Foreign and Commonwealth Office via Flickr CC License by

Un document Wikileaks contrefait soulignait que le rapporteur de l’ONU enquêtant sur les droits de l’homme en Iran avait été acheté par l’Arabie Saoudite.

Depuis 2011, Ahmed Shaheed enquête pour le compte de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran. Tortures, exécutions, ou encore encadrement de la presse et de l’opposition, l’ancien ministre des Affaires étrangères des Maldives a permis de pointer du doigt bon nombre d’exactions commises par le régime iranien.

Mardi 28 juillet, toutes les unes de la presse iranienne et la chaîne de télévision étatique iranienne dénonçaient un homme corrompu, payé par l’ambassade de l’Arabie Saoudite au Koweït un million de dollars pour avoir une position anti-Iran, et tout cela à partir d’un document WikiLeaks. Niée par Shaheed, l’information fut directement mise en doute par le compte Twitter officiel de l’organisation de Julien Assange:

[email protected] Expliquez s'il vous plaît de quel câble est tirée cette affirmation. Vous ne l'avez pas liée à l'un de nos câbles dans l'article.»

Document contrefait

Il s’est avéré que le document en question décrédibilisant le rapporteur de l’ONU aux yeux du monde a été créé à partir de véritables documents diplomatiques révélés par WikiLeaks, l’en-tête du document contrefait ayant été fabriqué à partir de deux en-têtes de câbles réels.

Cette fausse révélation intervient à un moment-clé, puisqu’elle suit de près la publication par WikiLeaks de documents montrant l’obsession de l’Arabie Saoudite vis-à-vis de Téhéran. Le pays aurait en effet engagé plusieurs missions diplomatiques pour prévenir toute extension du chiisme iranien dans divers points stratégiques du Moyen-Orient. Une occasion idéale donc d’accabler de nouveau l’Arabie Saoudite.

Cette technique n’est pas nouvelle de la part de la République islamique. En 2013, certains membres du staff du service perse de la BBC étaient faussement accusés de mauvais comportements sexuels. Le régime avait dupliqué leurs comptes Facebook, utilisant ainsi leur identité pour les discréditer dans leur couverture de l’actualité iranienne.

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