Partager cet article

Si vous êtes accro à la cigarette, c’est en partie à cause de vos gènes néandertaliens

Micah's DNA / Micah Baldwin via Flickr CC License By

Micah's DNA / Micah Baldwin via Flickr CC License By

Des chercheurs ont comparé les dossiers médicaux de personnes porteuses d’un gène néandertalien et de celles qui avaient hérité de sa version homo sapiens.

Il existe des prédispositions génétiques de développer certains troubles et maladies, et ce patrimoine génétique vous a été légué en partie par certains de vos très lointains ancêtres de l’espèce homo sapiens qui ont copulé avec un individu de l’espèce Néandertal.

Depuis le début de la décennie 2010, l’étude de la génétique a été bouleversée par la découverte du fait qu’une proportion de 2 à 4% du génome eurasien moderne provenait de l’espèce cousine de Néandertal (par exemple les journalistes et contributeurs de Slate sont plus ou moins néandertaliens) et que, par ailleurs, les Mélanésiens avaient hérité d’environ 5% du génome de l'hominidé de Denisova, variante de Néandertal.

Des séquences ADN retrouvées sur des ossements de Néandertal avaient permis de confirmer que des membres de chacun des deux groupes s’étaient accouplés.

Gène néandertalien

Le site de la revue Nature écrit que plusieurs équipes de biologistes ont, lors d’un colloque annuel à Vienne mi-juillet, présenté le résultat de leurs recherches sur l’impact de ces traces génétiques d’espèces voisines de l’ancêtre de l’homme. L’une d’elle a comparé les dossiers médicaux anonymisés de 28.000 patients d’hôpital, en cherchant des différences entre celles qui étaient porteurs d’un gène néandertalien et ceux qui avaient hérité de la version homo sapiens de ce dernier. Or le risque de souffrir d'ostéoporose, de troubles de la coagulation sanguine ou même d'addiction à la nicotine est plus élevé dans le groupe dont le code génétique présente des traces néandertaliennes (mais non, vous ne pouvez tout simplement pas faire valoir cet argument comme cause principale de votre addiction). Une autre étude montre des associations contrastées (positives pour certaines, négatives pour d'autres) entre dépression, obésité et certains troubles de la peau et présence de ces gènes.

Mais ce petit quelque chose en nous de néandertalien n’a pas que des inconvénients: historiquement, il a permis aux premiers hommes qui sont partis d’Afrique pour s’installer sur d’autres continents il y a environ 100.000 ans de s’immuniser contre des maladies et parasites qu’ils ne connaissaient pas. C’est aussi cet héritage lointain d’expèces voisines, en l’occurrence les Denisova, qui rend supportable aux Tibétains la vie et le travail à des altitudes supérieures à 4.000 mètres sans que leur sang ne coagule. L’explication avancée est que le génome de Néandertal s’était adapté aux températures plus froides d’Europe et d’Asie.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte