Santé / Culture

Compositeur de la chanson phare de «Pulp Fiction», il continue de tourner à 78 ans pour payer ses soins médicaux

Temps de lecture : 2 min

À 78 ans, Dick Dale enchaîne les tournées non pas parce qu’il veut rester sous les projecteurs mais pour payer des soins que son assurance ne couvre pas.

Dick Dale en plein solo de trompette au Sausalito Art Festival en 2006 | Ralphman via Flickr CC License by

Inventeur du surf-rock et par extension du heavy metal lorsqu’il aida Leo Fender à fabriquer son premier ampli 100 watts, Dick Dale est un guitariste de légende qui restera dans les mémoires surtout pour son tube Misirlou, repris en 1994 par Quentin Tarentino en introduction de son film Pulp Fiction.

Sauf qu’à 78 ans Dick Dale ne vit pas la vie qu’un monument de la musique comme lui mériterait. Interrogé par un journaliste du Pittsburgh City Paper, le guitariste avoue continuer les tournées pour payer ses soins médicaux:

«Je ne peux pas arrêter de tourner sinon je vais mourir.»

Des tournées pour des sacs de stomie

Après avoir eu deux cancers du rectum, Dick Dale souffre actuellement d’une insuffisance rénale, de diabète et de vertèbres si abîmées qu’à chaque fois qu’il se lève «c’est comme si on enfonçait une épée dans [sa] colonne vertébrale». À cause de son deuxième cancer rectal, une partie de son estomac et de ses intestins ont dû être retirés, et une partie de ses excréments passe par une stomie et est stockée dans un sac plastique qu’il cache sous ses vêtements.

Et malgré cela le guitariste continue de traverser les États-Unis pour des tournées. L’argent qu’il gagne grâce à sa musique lui permet de s’acheter plus de sacs de stomie que ce que prévoie son assurance:

«Je dois réunir 3.000 dollars chaque mois pour payer les fournitures médicales dont j’ai besoin pour rester en vie, et ce, en plus de l’assurance que je paie déjà.»

Cela fait quinze ans que Dale vit ainsi et souffre à chaque concert de douleurs insupportables, et pourtant le vieil homme ne veut pas s’arrêter –et, confie-t-il au journaliste, dans l’idéal, il aimerait mourir sur scène. D’abord parce qu’il veut montrer qu’on peut s’en sortir même avec les pires maladies et que tout n’est qu’une question de volonté. Mais aussi parce qu’il est persuadé que cette mission qu’il s’impose, combinée à la douleur, rend son jeu encore plus beau qu’avant.

Slate.fr

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