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Pourquoi la génération Y est obsédée par la nourriture

Menu Bento | PROgamene via Flickr CC License by

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Cet amour des jeunes générations pour le bio-équitable, les grands chefs cuisiniers et les microbrasseries pourrait avoir un impact positif sur le futur de notre système alimentaire.

La génération Y celle qui a entre 15 et 35 ans pense plus à la nourriture que n'importe quelle autre génération dans l'histoire. C'est du moins la thèse défendue par Eve Turow dans son livre A Taste of Generation Yum (littéralement Un goût de génération Miam).

Selon la jeune auteure, si, pendant les cinquante dernières années, les jeunes se définissaient en fonction de leur choix de musique ou de drogue favorite, aujourd'hui ils s'expriment à travers la nourriture. Aux États-Unis, sur les 80 millions d'Américains de la génération Y, la moitié se considèrent comme des foodies, des passionnés de nourriture. Ils dépensent davantage d'argent dans les restaurants que leurs parents, connaissent plus d'épiceries spécialisées et peuvent débattre des heures sur la meilleure recette de sauce béchamel.

Évidemment, en matière de comportement alimentaire, les jeunes Américains, sur lesquels se concentre la réflexion d'Eve Turow, partent de plus loin que les jeunes Français. La gastronomie américaine reste surtout connue pour ses hamburgers et ses donuts, et un tiers des adultes y sont obèses (contre environ 15% en France).

Mais, que l'on soit d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique, il n'y a qu'à jeter un œil à Facebook ou Instagram pour voir constamment défiler des clichés d'assiettes alléchantes. Les blogs culinaires tenus par de jeunes auteurs se comptent aussi par dizaines et, en ville, ce sont les snacks bio, les AMAP et les microbrasseries qui se multiplient, dont une bonne partie des clients n'a pas 35 ans.

Une manière de garder le contrôle

Vissée devant son écran d'ordinateur, blasée de tout engagement politique sauf lorsqu'il s'agit de s'engager par un «like», la jeunesse serait donc en plus obsédée par la nourriture, par son ventre, symbole ultime de son narcissisme?

Eve Turow ne l'interprète pas de cette manière. Selon elle, les jeunes générations grandissent dans un monde qui leur semble hors de contrôle. Le taux de chômage grimpe, la situation environnementale se détériore de jour en jour, les mesures politiques semblent vaines. La nourriture est, en comparaison, un domaine rassurant.

Notre système d'alimentation est probablement le problème numéro 1 auquel notre génération va devoir faire face

Eve Turow, auteur de A Taste of Generation Yum

«La façon dont je mange aujourd'hui m'offre le même contrôle que lorsque j'étais adolescente et anorexique», témoigne une jeune femme dans on ouvrage. Les régimes bio, paléo, sans gluten ou locavores sont autant de manière de garder le contrôle.

Cet échappatoire est moins stérile qu'il n'y paraît. «Notre système d'alimentation est probablement le problème numéro 1 auquel notre génération va devoir faire face, que ce soit au niveau politique ou environnemental. Allons-nous réellement prendre des mesures à ce sujet? Est-ce que ces personnes qui postent des photos de nouilles chinoises sur Instagram vont examiner les décisions prises par leurs élus dans le domaine agricole?» 

Eve Turow espère que cette tendance n'est que le premier pas vers un engagement alimentaire plus important. Elle guette le moment où le hashtag #WasteLessChallenge (#ChallengeMoinsdeDéchets) sera en top des plus partagés et où les jeunes internautes se partageront leurs recettes à base de fanes de carottes ou de pelures de pomme de terre: 

«Je pense vraiment que nous sommes une génération qui a besoin d'actions, d'objectifs, et pas seulement de tweeter ou de poster des photos.»

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