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Le dopage serait presque généralisé dans les épreuves d'endurance d'athlétisme

Au marathon de Paris en 2005. REUTERS/Jacky Naegelen

Au marathon de Paris en 2005. REUTERS/Jacky Naegelen

Un tiers des médailles (146, dont 55 médailles d’or) obtenues dans les épreuves d’endurance lors des Jeux olympiques et les championnats du monde organisés entre 2001 et 2012 seraient «suspectes». La Russie et le Kenya seraient notamment mis en cause.

Les «bonnes» nouvelles viennent d’Allemagne et d’Angleterre. D’un documentaire de la chaîne publique ARD diffusé le 1er août.  C’est une vidéo de 55 minutes – un document exemplaire que l’on peut découvrir ici. Et des révélations du Sunday Times. Pour l’Agence mondiale antidopage (AMA) ce document «contient de nouvelles accusations concernant un dopage étendu dans l’athlétisme». Si l’AMA le dit… Une AMA qui se dit «très inquiète» et qui vient – urgence rouge- de publier un communiqué éloquent (pour l’heure uniquement disponible en anglais).

33% des médailles suspectes

Un tiers des médailles (146, dont 55 médailles d’or) obtenues dans les épreuves d’endurance lors des Jeux olympiques et les championnats du monde organisés entre 2001 et 2012 ont été remportées par les athlètes pour lesquels les tests anti-dopages ont donné des tests suspects.  Tous ces athlètes sont toujours détenteurs de leurs médailles. Plus de 800 athlètes de haut niveau (un sur sept) ont des résultats de tests sanguins décrits par l’un des experts comme «hautement suggestifs de dopage ou à tout le moins anormaux». Voir la suite sur la BBC.

La Russie (déjà impliquée dans un précédent reportage) et le Kenya sont tout particulièrement mis en cause. Le président de l’AMA vient de faire savoir  qu’une «enquête concernant l’athlétisme en Russie allait être élargie». Ce nouveau documentaire est diffusé trois semaines avant les Mondiaux d’athlétisme de Pékin (du 22 au 30 août). Les journalistes d’ARD accusent une nouvelle fois l’athlétisme russe. Ils soutiennent que, «malgré les assurances des fonctionnaires russes» en faveur d’un sport propre, «les sportifs dopés et les instigateurs sont toujours protégés».

Athlètes intègres

Le documentaire d’ARD fait ainsi état de suspicions à l’encontre de la Russe Mariya Savinova, 30 ans, championne olympique du 800 mètres à Londres en 2012. Dans un enregistrement sonore (qui lui est attribué) l’athlète reconnaît la prise d’hormones de croissance. «L’AMA est très préoccupée par les nouvelles accusations soulevées par ARD, qui une fois de plus vont jeter le doute sur les athlètes intègres dans le monde», a déclaré Craig Reedie, 74 ans, président de l’AMA.

Ces nouvelles accusations «vont être transmises aussi vite que possible à la commission indépendante de l’AMA» pour une enquête qui va «être élargie», a ajouté Craig Reedie – par ailleurs membre du Comité international olympique actuellement réuni en session à Kuala Lumpur. «Ces accusations demandent un examen rapide et précis pour déterminer s’il y a eu violation du code mondial antidopage et, si tel est le cas, déterminer quelles actions doivent être engagées», explique-t-il.

Caméras cachées

L’équipe de journalistes de l’ARD s’appuie encore sur les propos (enregistrés en caméra cachée) d’une spécialiste russe du 800 mètres, Anastasia Bazdireva. «Avec les anabolisants, j’ai les muscles durs. Mais je peux courir. C’est dur, mais ça va. Tu te sens différent avec les anabolisants», dit-elle. Plus grave, sans doute: ARD fait aussi état d’une banque de données riche de 12 000 résultats d’analyses sanguines, qui leur a été remise de façon anonyme. The Sunday Times serait également détenteur de cette bombe biologique.

L’équipe de journalistes allemands s’est également rendue au Kenya où (toujours en caméra cachée) ils ont filmé ce qui est présenté comme des injections de produits dopants «dangereux». L’AFP rappelle que le Kenya a été secoué récemment par un scandale de dopage qui a notamment valu à la star du marathon Rita Jeptoo d’être suspendue deux ans. À la suite d’un précédent documentaire d’ARD (58 minutes – voir ici) sur le sujet, le président de la Fédération russe d’athlétisme, Valentin Balakhnichev, mis en cause dans le reportage, avait démissionné en février.

Dans la foulée de ces révélations, la Fédération russe d’athlétisme avait lancé une procédure en justice contre ARD. Va-t-elle récidiver? Comment va-t-on dépiter les dopés qui participeront aux  Mondiaux d’athlétisme de Pékin (du 22 au 30 août)? Le Tour 2015 et ses fumettes étaient de la petite bière.

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