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A quoi ressemble exactement la recherche d’une intelligence extraterrestre?

Repéré par Eric Leser, mis à jour le 02.08.2015 à 8 h 18

Repéré sur Discover Magazine, The Conversation, BBC

Galaxy Triplet Arp 274 Hubble Heritage via Flickr CC License by

Galaxy Triplet Arp 274 Hubble Heritage via Flickr CC License by

La recherche d’une intelligence extraterrestre, le projet SETI, a eu une soudaine bouffée d’oxygène il y a quelques jours quand Yuri Milner, ce russe qui a fait fortune dans la Silicon Valley, lui a apporté 100 millions de dollars.

Lors du lancement à Londres de la nouvelle phase de la recherche d’une civilisation non humaine, appelée Breakthrough Listen (réussir une percée dans l’écoute), le célèbre astrophysicien Stephen Hawking a fait des observations qui méritent qu’on s’y arrête.

Pour comprendre l’univers, nous devons connaître les atomes, les forces qui les lient, les contours de l’espace et du temps, la naissance et la mort des étoiles, la danse des galaxies, les secrets des trous noirs. Mais ce n’est pas suffisant. L’univers c’est aussi la vie, notre vie et notre façon de la concevoir.

La vie est-elle fréquente ou très rare?

Quelque part dans l’espace, peut-être, sûrement, une vie intelligente en cherche une autre, comme nous... pour se sentir moins seule.

«Nous sommes vivants. Nous sommes intelligents. Nous devons savoir», explique Stephen Hawking. «Nous croyons que la vie est apparue spontanément sur terre et donc que dans un univers infini il doit y avoir eu d’autres apparitions de la vie», ajoute-t-il.

La question à laquelle nous cherchons désespérément une réponse est en fait la suivante: la vie est-elle une évolution fréquente à la surface des planètes ayant de l’eau sous forme liquide? Ou la vie est quelque chose de très particulier et original même à l’échelle incommensurable de l’univers? Mais mesurer le caractère probable ou improbable de l'apparition d'un phénomène très complexe dans l'univers n’est pas chose facile.

Par exemple, les espèces animales avec une tête sont plutôt communes sur terre. La tête est une évolution tellement généralisée qu’elle semble aller de soi sur terre et ailleurs. Mais si nous remontons 600 millions d’années en arrière, ce qui a l’échelle cosmique n’est vraiment rien, il n’y avait qu’une seule espèce vivante sur terre ayant une tête et qui est l’ancêtre commun à toutes les créatures ayant aujourd’hui un tel appendice.

De la même façon, si nous envoyons depuis un siècle des émissions radios et de télévision dans l’univers, ce n’est pas pour communiquer, mais parce que notre technologie est et était primitive. Les signaux qui étaient envoyés dans toutes les directions vont bientôt disparaître et seront cantonnés à des réseaux de communications et de fibres optiques. C’est peut-être le cas pour d’autres civilisations plus avancées dont nous ne pouvons détecter les signaux puisqu’elles n’en émettent pas ou plus…

Le paradoxe de Fermi

Ces hypothèses rendent toujours plus actuel le célèbre paradoxe de Fermi sur la vie extraterrestre. Si nous ne sommes pas seuls dans l’univers «Où sont-ils?» s'interrogeait il y a 70 ans Enrico Fermi l'un des plus grands physiciens de l'histoire et l'un des inventeurs de la bombe atomique. Son paradoxe s’énonce de la façon suivante: la vie a évolué vite et irrésistiblement sur terre. Il y a plus de 100 milliards d'étoiles dans notre galaxie la Voie Lactée qui doivent pour la plupart avoir des planètes dont certaines susceptibles d'abriter la vie. La vie doit donc être extrêmement répandue dans notre galaxie et une espèce évoluée, bien plus que la notre, doit être capable de coloniser la galaxie en quelques millions d'année. Or, nous n'avons perçu jusqu’à aujourd’hui aucune trace d'intelligence extraterrestre. «Mais où sont-ils?»

Statistiquement, le raisonnement de Enrico Fermi est imparable. Quand nous regardons au milieu de la nuit la voute étoilée, nous percevons environ 2 500 étoiles de notre galaxie, soit à peine un centième de millionième du nombre d’étoiles que comporte notre galaxie et la quasi-totalité d’entre elles se trouvent à moins de 1 000 années lumière ce qui représente 1% du diamètre de la Voie Lactée. En fait, nous ne voyons presque rien.

Pour donner encore un peu plus le vertige. Il y a donc entre 100 et 400 milliards d’étoiles dans notre galaxie et à peu près le même nombre de galaxies dans l’univers observable avec nos moyens actuels. Pour donner un ordre d’idées, cela signifie qu’il existe dans l’univers 10 000 étoiles pour chaque grain de sable présent sur terre.

Poussons le raisonnement statistique de Fermi jusqu’au bout. Les astronomes ne sont pas tous d’accord sur le pourcentage des étoiles dans l’univers qui seraient comparables à notre soleil. Ce pourcentage oscille entre 5% et 20%. Prenons, l’hypothèse la plus basse, 5%. Combien de ces étoiles ont des planètes en orbite autour d’elle qui pourraient avoir des conditions proches de celles de la terre. Là encore les astronomes ne sont pas d’accord. Le pourcentage est compris selon eux entre 50% et 22%. Prenons encore le plus faible, 22%, et revenons à la voie lactée. Si nous considérons qu’elle n’a que 100 milliards d’étoiles, que 5% d’entre elles sont comparables au soleil et que 22% d’entre elles ont en orbite des planètes comparables à la terre cela fait un milliard de planètes comme la terre dans notre seule galaxie! Si la vie intelligente s’est développée dans seulement 0,1% des cas, il y a 100 000 civilisations intelligentes dans la Voie Lactée! Où sont-elles?

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