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Peut-on vivre en harmonie avec le monde quand on possède un téléphone de 2007?

Weird error..! / Asim Bijarani via Flickr CC License By

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Esther Inglis-Arkell est une journaliste américaine qui écrit pour un de ces sites internet qui ne parlent quasiment que de nouvelles technologies, d’innovations numériques, d’économie high-tech et de culture geek basé à San Francisco, ville qui accueille nombre des plus grandes entreprises du secteur et est considérée comme une des cités les plus connectées au monde. Et pourtant, cette femme résiste à sa manière à l’invasion technique en utilisant pour tout «smartphone» un modèle Nokia 1208, «qui était déjà démodé depuis huit ans quand je l’ai acheté», se confie-t-elle dans un récit de l’incompréhension que suscite son archaïsme technologique publié sur Gizmodo.

Le modèle antique monobloc a pour toutes fonctionnalités une horloge et un réveil. Il n’est évidemment pas tactile, ne va pas sur Internet, n’intègre pas d’appareil photo, a pour seules couleurs le noir et le blanc et des nuances de bleu, et il n’envoie même pas de textos, bien qu’il en reçoive (ce qui est sans doute une conséquence du choix du forfait et non d’une limitation technique). 

Quand elle le sort en public, surtout au travail, elle suscite l’amusement de ses collègues, qui la pressent de question et se passent le téléphone de main en main comme pour admirer un vestige rare d’un passé lointain. Elle n’a pas peur de se le faire subtiliser, «parce que ce téléphone ne vaut pas l’énergie nécessaire pour s’enfuir en courant après l’avoir volé», admet-elle. Elle reconnaît aussi qu’une fois tous les trois mois, elle se perd dans les rues et ne serait pas contre bénéficier de l'aide d’un GPS.

Au-delà du caractère drolatique de la confession, l’auteur soulève une question plus profonde liée aux impacts sociaux de la fracture numérique: selon elle, les gens parlent couramment la langue technique, «et ils utilisent ce langage pour trouver de nouvelles idées et organiser le monde d’une manière différente»: le risque est donc pour elle comme pour bien d’autres de ne plus avoir le vocabulaire suffisant pour comprendre ce que les autres voient du monde qui nous entoure, et d’être exclu de ce monde en mutation.

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