Santé / Sciences

Il y a de bonnes raisons à légaliser le LSD et les drogues psychédéliques

Temps de lecture : 2 min

Peur de la mort qui s’évapore et optimisme à toute épreuve face l’existence. Voilà les arguments de ceux qui veulent légaliser les drogues hallucinogènes.

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Représentation d’une femme sous LSD | Surian Soosay via Flickr CC License by

The Vox est revenu cette semaine sur les motivations de ceux qui souhaitent légaliser le LSD, les champignons hallucinogènes et les autres drogues psychédéliques. L’auteur de l’article part d’un constat tout simple. Nous sommes tous hantés et travaillés par la peur de la mort.

La prise de substances, comme l’ibogaïne ou la psilocybine par exemple, peut à coup sûr repousser cette angoisse. Les drogues psychédéliques sont un passeport pour une acceptation tranquille et pacifiée de la mort.

Cet argument sonne comme du prosélytisme, mais il représente une nouveauté dans le monde de la recherche sur les drogues: celle de ne pas militer pour une légalisation des substances illicites à des fins uniquement curatives. L’expert des politiques liées aux drogues, Mark Kleiman, de l’Institut Marron, explique:

«L’usage le plus évident auquel on peut penser, c’est bien sûr celui des personnes en phase terminale, qui sont condamnées. Mais être né est une manière d’être condamné. Et la vie des gens pourrait être meilleure s’ils vivaient en dehors de l’ombre de la vallée de la mort.»

Ego death

Cette absolue relativisation et dédramatisation de la mort porte un nom. L’«ego death», soit la mort de son égo. Des témoignages rapportent des sensations de dépassement de l’angoisse et des problèmes mesquins de l’existence, d’une impression de globalité, de communion avec l’extérieur. Dans un article de février 2015, The New Yorker rapporte par exemple les propos quasi-mystiques de Deborah Ames, survivante d’un cancer du sein:

«Je suis morte et je vais être incinérée. La chose suivante que je vois, c’est que je suis sous terre dans cette magnifique forêt, aux bois profonds, argileux et bruns. Il y a des racines tout autour de moi, je vois les arbres pousser et je fais partie d’eux. Je ne me sentais ni joyeuse, ni triste, juste naturelle, satisfaite et en paix. Je n’étais pas partie. J’appartenais à la terre.»

Pour tempérer ces arguments, Mark Kleiman rappelle que les drogues psychédéliques sont aussi la source d’accidents et des fameux «bad trips». Certes moins addictives que la cocaïne ou l’héroïne, elles provoquent des états de perte de contrôle très dangereux, mais il souligne que leur légalisation permettrait leur usage dans un environnement sûr et contrôlé.

Slate.fr

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