Iran: une attaque israélienne imminente? (MàJ)
Selon la presse israélienne, le voyage secret de Benjamin Netanyahu à Moscou serait le prélude à une attaque des installations nucléaires iraniennes.
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L'Iran «viole les règles que toutes les nations doivent suivre, mettant en danger le régime de la non-prolifération (...) et la sécurité du monde«, a déclaré Barack Obama, lisant une déclaration commune à l'ouverture du sommet du G-20 à Pittsburgh vendredi 25 septembre.
Réagissant à ces déclarations, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé lors d'une conférence de presse que ce nouveau site ne sera pas opérationnel avant 18 mois, ce qui selon lui ne constitue pas une violation vis-à-vis de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). D'après le président iranien, l'AIEA demande à être informée de l'existence d'un nouveau site d'enrichissement six mois avant qu'il ne soit opérationnel.
L'AIEA a rejeté ces affirmations selon lesquelles l'Iran ne devait lui signaler la présence de nouveaux sites d'enrichissement que six mois avant qu'ils soient opérationnels. L'AIEA a souligné que l'Iran devait le notifier au début de la conception des sites.
Israël serait-il sur le point de lancer son attaque contre l'Iran dans les prochaines semaines, voire dans les prochains jours? La fébrilité dans les milieux militaires tend à accréditer cette thèse et les références sur les guerres passées illustrent cette hypothèse dramatique. Des faits troublants viennent étayer l'hypothèse d'une attaque imminente.
Israël avait bombardé le réacteur syrien en septembre 2007 juste au moment où la production de matière fissile devait commencer. Les Syriens ne pouvaient pas franchir ce cap sans créer une situation irréversible car la matière produite en grande quantité pouvait être alors stockée en différents endroits protégés, repartis à travers tout le pays, rendant son élimination quasi impossible. Deux experts américains de l'Institut pour la science et la sécurité internationale à Washington, son président, David Albright et son directeur adjoint Corey Hinderstein, ont situé à 2009 la production d'uranium hautement enrichi par la méthode de l'ultracentrifugation. Par ailleurs, l'administration américaine a confirmé que l'Iran est à quelques mois de la production en masse de matière fissile.
Le voyage de Netanyahou à Moscou ne laisse pas d'étonner. Il devait être totalement secret mais la presse en a divulgué son existence. Connaissant la phobie des services israéliens de protection, il n'est pas dans les habitudes du premier ministre de voyager incognito dans un jet privé qui le rend vulnérable. L'objet de ce voyage de dix heures, si urgent, n'a pas été dévoilé alors qu'aucun contentieux n'existe avec la Russie pour le justifier. Les supputations vont donc bon train et l'hypothèse la plus probable tient dans la volonté du premier ministre israélien d'informer le président russe de ses intentions imminentes afin de ne pas subir de réaction militaire de la part de la deuxième puissance mondiale.
Quelques jours après cette visite impromptue, la campagne d'intoxication du ministre de la défense Barack semble grossière. Il a donné en première page, le 17 septembre, une interview en première page du journal israélien Yédiot Aharonoth dans laquelle il précise: «un Iran nucléaire ne serait pas une menace vitale pour Israël». Cette déclaration est contraire à la doctrine martelée par tous les officiels israéliens qui ne laissent jamais passer un jour sans évoquer le danger iranien. Cela rappelle étrangement les déclarations rassurantes de Moshé Dayan, le 3 juin 1967, niant toute attaque préventive quelques jours avant de lancer la Guerre des Six Jours le 5 juin. «Nous sommes à la fois en cet instant un peu en retard et un peu en avance. En retard pour réagir par la force et en avance pour tirer une conclusion des efforts diplomatiques en cette affaire». Il avait ainsi endormi la méfiance de ses ennemis.
Ehoud Barack est avant tout un militaire et sa tactique est toute aussi militaire. Il lance ses attaques au moment où on l'attend le moins car il veut toujours bénéficier de l'effet de surprise. L'évacuation du Beth-Hashalom à Hébron, occupée par des colons, a suivi en tout point sa technique de diversion. Tandis que les jeunes nationalistes affluaient vers le lieu de l'évacuation, il leur a promis une réunion de conciliation pour le dimanche suivant, après la réunion du Conseil des Ministres. En conséquence, les jeunes ont évacué le bâtiment croyant que rien ne se passerait d'ici la date fixée. L'évacuation fut ordonnée par surprise le jeudi, contre toute attente, et dans le calme absolu.
La configuration est identique avec l'Iran. Les Etats-Unis attendent une réponse de Téhéran sur la question nucléaire prévue pour fin septembre sachant pertinemment que la réponse sera négative. Une fenêtre de tir reste donc probable jusqu'à la fin du mois tant que les iraniens se sentent protégés par le calendrier qu'ils ont fixé.
Les vacances scolaires débutent le 18 septembre en Israël pour une durée de trois semaines en raison des fêtes juives de la nouvelle année. Les écoles sont fermées et les enfants vivent à l'abri chez eux. Le moment semble donc propice pour une action puisque la population la plus fragile pourra se protéger en cas de représailles éventuelles de l'Iran ou du Hezbollah. Par ailleurs, l'activité tourne au ralenti pendant ces fêtes et l'impact économique sera donc considérablement réduit. Il s'agirait en quelque sorte d'une guerre du Kippour inversée. Les Arabes avaient attaqué en 1973, à la même période, pour avoir les coudées franches et ce moment peut être choisi par Israël pour agir dans la surprise générale.
Enfin un accident, non commenté par l'armée, suscite quelques questions dont les réponses n'ont pas été données. Le crash de l'avion d'Assaf Ramon le 12 septembre dernier, fils du cosmonaute Ilan Ramon disparu dans l'explosion de la navette spatiale Columbia, n'est à ce jour pas expliqué. Son père avait fait partie de l'escadrille qui avait bombardé Osirak en 1981. Le capitaine Assaf, meilleur pilote de sa promotion, a étonnamment perdu le contrôle de son avion mais les observateurs se demandent quel genre d'entrainement il effectuait et s'il n'était pas tenu d'exploiter son F16 en dépassant les limites techniques acceptables. Il est fort probable qu'il avait été sélectionné pour honorer la mort de son père en rééditant son exploit. Cet accident nous rappelle celui qui est intervenu dans le Néguev en 1992 où plusieurs militaires des forces spéciales ont trouvé la mort alors qu'ils s'entrainaient à préparer l'assassinat de Saddam Hussein à l'occasion de l'enterrement de son oncle.
Néanmoins il est fort probable que si l'attaque avait lieu dans les jours ou semaines à venir, les militaires et les dirigeants israéliens observeraient, comme pour la Syrie en 2007, une discrétion totale, sans fanfares ni déclarations tonitruantes. Israël ne tient pas à acculer l'Iran dans une action suicidaire et il n'a aucun intérêt à placer les Etats-Unis ainsi que les membres du Conseil de Sécurité dans une position embarrassante. Il ne cherche pas à faire un coup d'éclat médiatique puisque son unique objectif reste de repousser le danger qui menace sa population. Il fera donc passer l'opération comme un bombardement de routine ou une simple incursion préventive afin de préserver l'honneur de la partie adverse.
Jacques Benillouche
Lire également sur le même sujet: Pourquoi Israël attaquera l'Iran, Et si l'Iran avait déjà l'arme nucléaire?, Que faire avec l'Iran? par Jean-Marie Colombani, Comment Ahmadinejad a truqué les élections et Iran: la résistance nargue sans cesse Ahmadinejad.
Image de Une: Décollage de F-16 israéliens Gil Cohen Magen / Reuters
Mis à jour le 26/09/2009 à 11h08










































On peut aussi ajouter un argument: Obama est affaibli actuellement et plus Israel attend, moins il pourra frapper.
Pour une fois je suis d'accord avec les conclusions de M. Benillouche - mais pas pour les raisons qu'il cite.
L'Israël va probablement attaquer l'Iran car il craint - non sans cause - que son grand allié est en train de l'abandonner en faveur d'une politique plus intelligent dans la région. Et sans les USA l'Israël n'est plus qu'un petit état de plus dans la région - et de surcroît un état troublon.
Plus d'aide massive (3 milliards de dollars par an), contraint à accepter une solution équitable avec le Palestine, plus de mains libres pour faire ce qu'il veut en Cisjordanie pour plaire à ses fanatiques religieux, et surtout plus de vetos américains garantis à l'ONU
Seule solution - l'attaque. Peu importe qu'il s'agit d'une centrale nucléaire. Ce qui compte est d'attaquer pour provoquer une réaction coléreuse auprès des fanatiques arabes - attentats suicides, fusées à gogo.
Israël, sous prétexte de légitime défence, retrouve son statut de petit pays virtueux et assiègé. Le congrès américain vote des aides militaires massives et une nouvelle série de vetos à l'ONU est assurée.
Un retour à la normale en bref. Ouf! On a échappé belle!
Si vous avez raison, les israéliens sont de sacrés joueurs de poker qui joueraient à quitte ou double sur ce seul coup.
Tous les papiers que j'ai lus jusqu'à présent sur un bombardement préemptif de l'Iran, semblaient indiquer qu'un bombardement serait extrêmement couteux en vie humaine dans la mesure où une bonne partie des installations iraniennes seraient à proximité de zones densément peuplées.
Or aujourd'hui, autant les dirigeants iraniens sont honnis depuis la dernière élection, autant le peuple iranien et ses martyres ont une cote de sympathie mondiale très supérieure aux israéliens qui restent sur l'intervention de Gaza et ses centaines de morts palestiniens.
Alors il me semble beaucoup plus probable qu'après une agression contre l'Iran, Israël ne sera pas vu comme un petit pays vertueux et assiégé, mais comme un pays sur armé, belliciste et n'ayant que mépris pour les civils.
Est-ce que ce serait suffisant pour leur faire perdre l'appui américain ? Peu probable sans doute, mais pas impossible si le choc provoqué par les images des victimes civiles iraniennes est suffisant.
La semaine passée on a lu sur la presse italienne d'une demande de la part des américains qui ont fait passer une note résérvée de lleur ambassade à Rome dans laquelle ils demandent de faire rentrer le personnel non nécessaire des entreprises italiennes en Iran.
En suite il y a eu démenti de la part de l'ambassade mais certains entreprises ont confirmé avoir bien reçu un télégramme en ce sens de la part du ministère italien et commencé à organiser la rentrée de leur personnel.
http://forum.politicainrete.net/politica-internazionale/23366-italiani-lasciate-liran-nota-riservata-dellambasciata-usa.html
bonjour,
il faut ajouter à l'analyse de l'auteur le bouclier anti-missiles abandonné il y a à peine 2 jours...
on pourrait supputer que c'est le "compromis" accepté par les deux grands (Etats-Unis et Russie) pour que les Russes acceptent l'intervention des israéliens sans faire d'histoires... les Etats-unis montrent ainsi leur soutien à une attaque tout en se couvrant par cette soit-disant réévaluation des risques dans la région...
on peut comprendre également le discours du président Iranien d'hier, qui lui doit être au courant de ce qui se trame derrière toute cette agitation...
http://calebirri.unblog.fr
Je ne demande pas mieux que vous ayez raison. Mais vous, vous êtes un homme raisonnable qui, comme moi, souhaite que la paix revienne à cette région pour le bonheur de l’ensemble des pays présents.
Mais la droite israélienne, pour des raisons à la fois religieuses et nationalistes, croient que la seule défense c'est l'attaque. La Shoah leur donne leur justification et non sans raison. L’histoire depuis 1947 montre qu'ils ont bien appris la leçon. L'opération meurtrière en Gaza a le soutien de la plupart de la population israélienne - et une bonne partie des faucons aux USA.
Leur problème aujourd'hui est que le monde change - et surtout la présidence des USA a changé. L’opération désastreuse en Irak, la prise de conscience du monde entier qu’il est temps de réduire notre dépendance sur l’or noir, fait réfléchir même les Américains,
Je suis persuadé comme vous qu'une attaque sur l'Iran serait une désastre humanitaire et - à la longue - un désastre politique pour l'Israël. Mais cela fait 50 ans que les Sionistes se moquent de ce que pense le monde et jusqu'à là ils ont obtenu tout ce qu'ils voulaient.
Il est temps que le monde applique à l'Israël la même politique de sanctions - réussie - que dans le temps on a appliqué à cet autre état troublons – pour ne pas dire apartheid - qui était l'Afrique du Sud. Je pense que ce moment est proche et une attaque sur l'Iran ne pourrait aboutir autrement.
En attendant….on attend !
Hypothèse vraisemblable. Mais sa réalisation serait une erreur grave, l'Iran n'est pas la Syrie., l'Iran n'est pas non plus l'Irak. Le risque serait grand de déstabiliser, encore plus qu'il ne l'est, un peuple à la recherche d'un équilibre démocratique. Israel ne serait pas gagnant, l'impact négatif à terme aura une toute autre dimension que les guerres successives entre les nations arabes et l'état israelien. Et quel serait l'intérêt et des US et de la Russie.
Tout a fait d'accord, l'Iran n'est pas la Syrie ou l'Irak, l'attaquer ne sera certainement pas facile. De plus, un nombre eleve de victimes en Iran donnera a l'Iran un statut de martyr, soudant derriere lui l'ouma, l'ensemble des musulmans (mettant ainsi sous pression les gouvernements musulmans meme moderes) et augmentera son capital de sympathie chez ceux qui redoutent (et haissent) les USA, sans qu'ils soient forcement musulmans. Teheran pourrait alors clamer qu'il ya deux poids, deux mesures en ce qui concerne les resolutions de l'ONU, et que certains etats ne sont pas sanctionnes . Si en plus Israel lance une attaque nucleaire, le peuple iranien aura sa Shoah. Sans compter les consequences sur l'economie mondiale deja bien mal en point.
De plus, qui sait les moyens de retorsion dont dispose Teheran ?
Une des consequences serait certainement un reglement accelere de la question palestinienne, tant la pression sur l'etat hebreu sera vive, et bien sur, une accentuation de la course aux armements .
A mon (humble) avis, pas d'autre choix que des sanctions economiques .