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Les personnages en surpoids des dessins animés rendent-ils les enfants obèses?

Shrek et l'âne dans une scène du premier opus des dessins animés «Shrek» | Steve Troughton via Flickr CC License by

Shrek et l'âne dans une scène du premier opus des dessins animés «Shrek» | Steve Troughton via Flickr CC License by

Une étude américaine montre que la corpulence des personnages de dessins animés a une influence sur l’appétit des enfants qui les regardent.

Faut-il arrêter de suivre les aventures d’Homer ou de Shrek parce qu’ils sont en surpoids? Publiée dans le Journal of Consumer Psychology, une enquête menée par des chercheurs de l’Université d’État du Colorado sur 300 enfants entre 8 et 13 ans montre que des personnages de dessins animés en surpoids peuvent «activer un stéréotype de surpoids» dans l’esprit des enfants, les incitant ainsi à manger plus.

Selon Margaret C. Campbell, qui a dirigé l’étude, le public des dessins animés où le personnage principal est en surpoids modifie ses habitudes alimentaires:

«Ces enfants ont une tendance à manger presque deux fois plus de gourmandises que les enfants exposés à des personnages en meilleure forme ou ceux qui ne regardent pas les dessins animés.»

Changer la donne

Tout n’est pas perdu cependant, puisque, dans une deuxième partie, l’étude démontre les effets positifs d’une prévention contre la malbouffe avant le visionnage pour réduire l’influence de ce «stéréotype de surpoids». Lorsque l’on propose des cookies à ces enfants après le visionnage, ceux-ci en consomment moins, malgré l’influence du stéréotype véhiculé par le dessin animé. Une conclusion particulièrement intéressante pour Margaret C. Campbell:

«En regardant des enfants faire face aux stéréotypes des dessins animés, nous n’étions pas sûrs que ceux-ci soit réellement conscients des normes de poids. Et pourtant, ils appliquent des standards typiquement humains aux personnages créatures avec lesquelles il n’y a pas de véritable point de comparaison.»

L’étude conclut sur l’importance pour les grandes sociétés de produits de jeunesse d'adopter un marketing responsable pour éviter d'inciter les enfants à trop manger, notamment à la manière de Frosties, qui avait remplacé Tony le Tigre par son fils plus sportif et svelte. Une position paradoxale puisque, derrière l'image de cette égérie apparemment en bonne santé, les produits qui sont vendus se rapprochent plus de la malbouffe que d'une alimentation véritablement saine.

 

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