Monde / France

Le roi saoudien n’est pas le premier à avoir des caprices exorbitants

Temps de lecture : 2 min

Le roi Salmane ne veut pas de femme CRS sur la plage qu'il a privatisée. Un comportement (pour le moins excessif) typique de nombre de milliardaires, d’Arabie saoudite et d’ailleurs.

Al-Walid Ben Talal en 2008 | REUTERS/Ahmad Masood
Al-Walid Ben Talal en 2008 | REUTERS/Ahmad Masood

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase: après avoir imposé la privatisation d’une plage publique, voilà que le roi Salmane d'Arabie saoudite veut écarter les femmes de la compagnie de CRS qui le protège. Non content de mobiliser plusieurs dizaines de personnes pour sa sécurité, le monarque fait donc la fine bouche quant à leur genre, selon le blog de Frédéric Ploquin, journaliste pour Marianne. «Il a ainsi envoyé un émissaire, lundi 27 juillet, auprès d'un CRS un peu trop féminin à son goût», rapporte le journaliste.

Mais ces frasques de monarques ne sont pas nouvelles. D’autres, avant lui, s’étaient illustrés dans des comportements que le Français moyen trouvera à tout le moins excessifs.

Une chambre de luxe juste pour aller aux toilettes

Sur Atlantico, le journaliste Florian Anselme, auteur de La vie cachée des Champs-Élysées, racontait quelques anecdotes croustillantes. Un milliardaire qui affectionnait particulièrement le café Le Deauville, décrit comme le QG des Saoudiens sur l’avenue la plus célèbre du monde, mais était trop gros pour passer dans le couloir menant aux toilettes, avait ainsi loué une chambre au luxueux hotel Marriott, au 70, avenue des Champs-Élysées... juste pour pouvoir aller y faire pipi de temps en temps.

Une Lamborghini «comme au pays» pour son fils

Cette histoire n’est, selon Florian Anselme, qu’un «infime échantillon des caprices formulés chaque année par ces “drôles” de touristes dans le quartier des Champs-Élysées». Entre autres exemples, on peut lire dans son livre l’histoire d’un Saoudien qui achète à son fils en vacances à Paris «exactement la même Lamborghini qu’au pays, pour qu’il ne soit pas déboussolé». Pour aller à l’autre bout de Paris? Non. Le chauffeur était tenu de faire chaque jour des allers-retours place de la Concorde et le rond-point des Champs-Élysées, soit une distance d’environ douze minutes à pieds«Ils vivent sur une autre planète», s’insurge un chauffeur professionnel parisien.

Un cinéma privatisé

Rien n’est trop beau pour le porte-monnaie de cette élite économique, si bien qu’un cinéma arabe a même ouvert sur les Champs pour contenter ces touristes si spéciaux. Prix de la séance: 150 euros. L’origine de cette idée? Lorsque le prince saoudien Al-Walid a privatisé une salle du cinéma Élysées-Biarritz, raconte Rue 89.

Une voie ferrée trop bruyante à détourner

Qu’on ne se contente pas de brocarder les riches Saoudiens, cependant. Des milliardaires venant d’autres pays égalent sans problème les caprices des privilégiés du Golfe. Deux riches familles d’Inde ont notamment réquisitionné les hôtels Carlton et du Marriott à Cannes, pour 35 millions d'euros, et fait fermer une partie de la Croisette, raconte Nice Matin. La mairie aurait quand même refuser de faire revenir deux éléphants pour organiser une parade face à la mer… De même que Réseau ferré de France (RFF) a décliné la proposition de ce milliardaire moscovite installé à Beaulieu-sur-Mer qui voulait détourner la voie ferrée Nice-Toulon-Marseille, jugée trop bruyante, contre 100 millions d'euros.

On se souvient aussi des sommes exorbitantes données en guise d’argent de poche par l’héritière de l’Oréal, Liliane Bettencourt, ou de la facture de taxi de la directrice de l’INA. Nice Matin mentionne la famille Darty, qui a privatisé la citadelle de Saint-Tropez. Les Français ne sont donc pas plus exemplaires que leurs homologues étrangers.

Aude Lorriaux Journaliste

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