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Des artistes allemands tapissent des abribus de slogans anti-racistes

 Affiche créée par le collectif d’artistes allemands Dies Irae | Capture d’écran Facebook

Affiche créée par le collectif d’artistes allemands Dies Irae | Capture d’écran Facebook

Le street-artist à l’origine de ces affiches a souhaité exprimer sa solidarité envers les réfugiés mal accueillis dans son pays.

«Les nazis se cachent pour manger des falafels», «Faire marcher son cerveau, éteindre le racisme», «Celui qui n'a pas confiance en lui a besoin d'une conscience nationale». Les panneaux publicitaires d'une vingtaine d'abribus de la petite ville allemande de Freital, dans la Saxe, ont été troqués dans la nuit de mercredi 22 à jeudi 23 juillet contre des affiches sur lesquelles s'étalaient, noir sur blanc, des slogans anti-racistes, rapporte le quotidien Die Tageszeitung. Une action du collectif d'artistes allemands Dies Irae[1], expression qui signifie «jour de colère» en latin, qui la relaie sur sa page Facebook.

Interviewé par le quotidien, le street-artist qui a conçu cette série d'affiches et souhaite rester anonyme, explique ainsi son geste:

«Je veux exprimer ma solidarité vis-à-vis des réfugiés, mais aussi vis-à-vis de ceux qui leur viennent en aide de manière très concrète en faisant un don ou en donnant des cours d'allemand.»

Comme le rappelle le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung, la ville de Freital, 40.000 habitants, est devenue ces derniers mois le théâtre de manifestations xénophobes depuis qu'un ancien hôtel a été transformé en centre d'hébergement provisoire pour y loger 280 réfugiés, faute de place dans la ville voisine de Chemnitz.

Bannières sans équivoque

En juin 2015, une cinquantaine de réfugiés ont été accueillis à leur descente du bus aux cris de «Étrangers criminels, dehors! Dehors! Dehors!», rapportait alors l'hebdomadaire Der Spiegel. Le fondateur du mouvement anti-islam Pegida Lutz Bachmann, qui habite dans la région, est l'un des organisateurs de ces manifestations, lors desquelles les habitants défilent sous des bannières sans équivoque: «Freital ne se laisse pas faire», «Notre ville reste propre, Freital est libre» et «Résistance Freital».

Ces protestations ne sont pas isolées en Allemagne, où comme nous le rappelions récemment, les demandes d'asile devraient être deux fois plus nombreuses cette année par rapport à 2014: 450.000 dossiers sont attendus d'ici la fin de l'année. Une Google Map listant la plupart des centres d'accueil des réfugiés sur le territoire allemand qui aurait été apparemment mise en ligne par un groupuscule néo-nazi a récemment été supprimée par Google.

Si elle attiré l'attention de nombreux internautes sur les réseaux sociaux, la campagne d'affichage anti-raciste lancée par Dies Irae semble pourtant avoir raté sa cible: les services de propreté de la ville de Freital les ont retirées le jour même. Freital reste «propre».

1 — À ne pas confondre avec le groupuscule d'extrême droite bordelais du même nom. Retourner à l'article

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