Google admet enfin l’échec de Google +

Le logo de Google + projeté sur un mur lors d’un événement organisé par Google à San Francisco, en Californie (États-Unis), le 29 octobre 2013 | REUTERS/Beck Diefenbach

Le logo de Google + projeté sur un mur lors d’un événement organisé par Google à San Francisco, en Californie (États-Unis), le 29 octobre 2013 | REUTERS/Beck Diefenbach

C’en est fini de l’obligation d’utiliser Google +.

La société a annoncé lundi 27 juillet dans un post de blog qu’elle ne forcerait plus les gens à utiliser un compte Google + pour se connecter à d’autres services Google + populaires. C’est le cas notamment pour YouTube, dont les utilisateurs n’ont cessé de se plaindre de cette obligation d’utiliser Google + depuis plusieurs années. Ils pourront bientôt se connecter avec un simple compte Google.

Le post du blog de Google précise:

«Quand nous avons lancé Google +, nous avons entrepris d’aider les gens à découvrir, partager et se rapprocher à travers Google comme ils le font dans la vraie vie. Alors que nous avions bien commencé, nous avions fait quelques choix qui, rétrospectivement, avaient besoin d’être repensés. Alors, dans les prochains mois, nous allons faire quelques changements importants.»

Ces changements incluent le déplacement des fonctionnalités de Google + vers Google Hangouts ainsi que son système de stockage de photos (étonnamment bon) vers la nouvelle application Google Photos. Google a aussi promis de rendre plus facile la suppression des profils Google + pour ceux qui ne l’ont jamais utilisé et qui ne souhaitaient pas leur création.

Mini-Pinterest

Google présente ces changements comme un exemple de sa volonté d’écouter et de répondre aux besoins des utilisateurs:

«Les gens nous ont dit que l’accès à toutes les fonctionnalités Google avec un seul compte leur rendait la vie bien plus facile. Mais nous avons aussi entendu que cela n’avait pas de sens que le profil Google + soit l’identité de tous les autres produits Google qu’ils utilisent.»

Google a mobilisé toutes les ressources qu’il pouvait rassembler pour construire Google + en tant que rival viable de Facebook. Cela n’a pas fonctionné

C’est tout de même un peu exagéré. Tous les utilisateurs Google, à peu de choses près, n’ont jamais voulu de Google + au départ, et ils n’ont certainement pas apprécié d’être forcés à s’y mettre pour utiliser tous les services Google.

Donc en réalité, il s’agit bien là d’un aveu d’échec. Google a mobilisé toutes les ressources et son pouvoir monopolistique qu’il pouvait rassembler pour construire Google + en tant que rival viable de Facebook, en faisant fi des réactions des utilisateurs. Cela n’a pas fonctionné, et la meilleure décision de Google fut finalement de reconnaître ce qui a longtemps été clair pour presque tous le monde.

Voilà une nouvelle opportunité pour la presse technologique de déclarer que Google + est «mort», mais la mort est un processus très lent lorsqu’il s’agit d’un si grand produit. Google préfère parler «d’une expérience Google + plus précise». En cela, le réseau social va mettre l’accent sur ce qui pourrait être son seul véritable intérêt: des communauté d’intérêt qui utilisent la plateforme pour partager des informations et des commentaires sur des sujets de niche comme la photographie, les voitures électriques, ou encore le cosmos. La nouvelle fonctionnalité «Collections» de Google + va permettre aux personnes de grouper leurs posts par sujets et de suivre des sujets plutôt que d’autres utilisateurs. Voyez-le comme une sorte de mini-Pinterest dominé par les hommes.

Ce n’est bien sûr pas ce que Google avait en tête lorsqu’il voulait construire l’assassin de Facebook. Et, étant donné l’historique Google en matière de produits de niches ayant directement échoué, cette nouvelle méthode ne suffira peut-être pas à sauver le réseau social à long terme. Pourtant, c’est toujours mieux que ce que Google + serait devenu si la société avait continué à l’imposer de force à ses utilisateurs: un assassin de Google.

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