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Le crash du vol MH17 a augmenté le stress des femmes enceintes

Une partie de l'épave du vol MH17 | REUTERS/Maxim Zmeyev.

Une partie de l'épave du vol MH17 | REUTERS/Maxim Zmeyev.

Des chercheurs ont observé chez les femmes enceintes à l’époque du crash de la Malaysia Airlines au-dessus de l'Ukraine une augmentation modérée et temporaire des symptômes de dépression.

C’est un peu par hasard qu’une étude épidémiologique sur la santé mentale des femmes enceintes aux Pays-Bas a permis de mesurer l’influence d’un événement dramatique qui touche une société dans son ensemble. En l’occurrence, le mystérieux crash en Ukraine du vol MH17 de la Malaysia Airlines, dont de nombreux passagers étaient citoyens des Pays-Bas, est survenu au beau milieu de cette étude de l’université de Tilburg. Les chercheurs avaient en main des questionnaires de femmes enceintes durant l’année précédente, en 2013, et ont donc étudié les écarts avec les réponses des femmes qui attendaient un enfant en 2014 au moment du crash de l’avion, largement suivi par les médias du pays.

Comme le note le site Live Science, les comparaisons avec l’année précédente ont révélé, après contrôle de l’effet des caractéristiques sociales des différents groupes, une augmentation modérée et temporaire des symptômes de dépression juste après le crash du vol MH17.

Développement moteur

Or le niveau de stress des femmes enceintes a des effets sur le développement du fœtus, un phénomène déjà étudié par des chercheurs canadiens auprès d’une population de femmes enceintes durant une coupure de courant de quarante jours consécutive à une tempête en 1998. Des différences de développement moteur, de maîtrise du langage et de QI avaient été observées entre les enfants des mères confrontées à ces difficultés pendant leur grossesse et un groupe témoin.

On sait aussi que les drames qui affectent la population d’un pays, en particulier par l’intermédiaire de leur intense couverture médiatique, ont des conséquences sur la santé physique et mentale de celle-ci. L’exemple le plus emblématique étant le 11-Septembre: en étudiant des échantillons sanguins, des chercheurs ont découvert des effets très conséquents liés au stress dans les mois suivant les attaques chez des habitants de l'État de l'Utah: des télomères, segments d’ADN situés à l'extrémité des chromosomes sensibles au stress, avaient raccourci. Une découverte due là encore au hasard, puisque l’équipe étudiait à l’origine les effets de la pollution de l’air sur ces télomères.

Les chercheurs néerlandais ont prévu de suivre jusqu’à leurs 2 ans les enfants qui en étaient à douze semaines de gestation à l’époque du crash.

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