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Terrasses, patios et jardins pour des repas en plein air à Paris

Saint-Honoré au restaurant de la piscine Molitor | Molitor

Saint-Honoré au restaurant de la piscine Molitor | Molitor

Six conseils pour passer d’épicuriens moments de bonne chère sous un ciel estival.

La belle saison se prête à de très épicuriens moments de bonne chère sous le ciel d’été. Voici une sélection d’adresses, étoilées ou non, pour l’été 2015.

1.LaurentLe «must» pour voir et être vu

Au bas des Champs-Élysées, ce pavillon 1900, concession de la Ville de Paris à Isidore Partouche, est devenu le restaurant rêvé pour le déjeuner et le dîner sur la terrasse-jardin qui cerne le bâtiment principal, les salons du premier étage et la salle à manger pastel où se retrouvent toute l’année les financiers du CAC40 et les privilégiés de la fortune.

Dès que le soleil se pointe sur la capitale, les réservations pleuvent et Philippe Bourguignon, le gentleman directeur depuis des décennies, et Patrick Lair, son adjoint chargé des (beaux) vins, se donnent un mal de chien pour répartir les tables sur cette enclave aux parasols. De ce point de vue, Laurent n’a pas de rival: voir et être vu dans ce lieu de mémoire reste un «must» de la vie à Paris.

La carte très étoffée d’Alain Pégouret, étoilé au Michelin, formé par Joël Robuchon, repose sur un éventail de plats de cuisine bourgeoise: les truffes d’été mitonnées à la moelle (70 euros), la somptueuse salade de homard breton entier préparée devant vous (108 euros), le vitello tonnato, le meilleur de Paris (74 euros), la pièce de bœuf rissolée en aiguillettes, pommes soufflées (92 euros), le tronçon de turbot nacré à l’huile d’olive, bardes et légumes verts (99 euros).

Tout cela n’a rien de révolutionnaire, tant mieux: c’est la tradition bienvenue à son meilleur. On termine par l’onctueuse glace vanille minute (29 euros) ou par la mousseline d’abricots frais à la lavande, spéculos et sorbet (33 euros). Chez Laurent, les plaisirs de bouche ne déçoivent jamais. Fabuleuse carte des vins, se laisser conseiller. À quand la seconde étoile envolée?

Le Laurent

41, avenue Gabriel 75008 Paris.

Tél.: 01 42 25 00 39.

Menus au déjeuner à 90 euros et 180 euros. Carte de 120 à 190 euros.

Fermé samedi midi et dimanche.

Le site

2.La Grande CascadeRelais bucolique

En lisière du Bois de Boulogne, ce pavillon Belle-Époque a été relancé par la famille Menut, qui a éliminé réceptions et mariages afin de privilégier le service de restauration classique d’autant, qui a recruté aux fourneaux Frédéric Robert, un maestro cultivé, passé par l’Ambroisie, trois étoiles place des Vosges, puis promu chef de Lucas Carton auprès d’Alain Senderens, un «grand» de la cuisine moderne, recréateur du superbe canard Apicius en deux services.

À dix minutes de l’Étoile, vous avez la curieuse sensation d’être à la campagne, dans une sorte de relais bucolique dont le répertoire estival justifie la vogue, le succès actuel de cette Cascade nichée dans les frondaisons: on affiche complet à tous les dîners d’été.

La Grande Cascade | Photo: Alban Couturier

En dehors du cadre verdoyant, le chef Robert envoie des préparations délicates comme les fameux macaroni à la truffe noire et foie gras, céleri rave, gratinée au parmesan, qu’il faut avoir savouré dans une vie de gourmet (82 euros), le pâté en croûte «Grande Tradition» aux champignons, graines de moutarde, vinaigre balsamique, si rare à Paris (54 euros), et le bar de ligne mariné à cru, escorté d’une gelée d’huîtres Gillardeau (60 euros). Voilà un trio d’entrées qui met en appétit.

À côté du turbot de l’Atlantique cuit au sel, asperges vertes crues et cuites, une symphonie marine (130 euros pour deux personnes), voici le homard bleu laqué au miel de châtaignier dans un bouillon mousseux carotte-orange, admirable traitement du crustacé (84 euros) et cinq plats de viandes, dont l’agneau de Lozère au piment d’Espelette, l’épaule en pastilla et les aubergines Riviera (75 euros), qui, à lui seul, mérite la seconde étoile que le Michelin ne se décide pas à décerner à ce chef classique, respectueux des produits, artiste des sauces et des apprêts –le pigeonneau de Racan en deux services, suprême ouvrage culinaire (64 euros).

Le gourmet avisé se penchera sur le menu du marché aux deux repas à 79 euros hors boissons et 99 euros avec deux verres de vin, une affaire, dix assiettes au choix, riche d’un exquis foie gras en fine gelée de cerises fourrées à la citronnelle: aucune grande table à Paris n’offre pareil rapport prix-plaisir dans un tel cadre romantique, un dépaysement enchanteur. Allez-y!

La Grande Cascade

Bois de Boulogne, allée de Longchamp 75016 Paris.

Tél.: 01 45 27 33 51.

Menus Dégustation à 192 euros et Découverte à 139 euros.

Pas de fermeture.

Le site

3.Flora DanicaMon sous-titre

À deux pas de l’Arc de Triomphe, au rez-de-chaussée du Copenhague, excellente table danoise, se trouvent une terrasse sur les Champs, un jardin couvert et à l’intérieur un patio éclairé par une verrière. L’endroit n’est pas sans charme, fréquenté par les amateurs de spécialités scandinaves, comme une admirable sélection de saumons d’Écosse, des îles Féroé, d’Islande, chacun préparé pour le meilleur goût.

Toujours tranché à la main, le voici mariné à l’aneth (24,90 euros), fumé bio aux algues (28 euros), saumuré aux concombres marinés (22 euros) et accompagnés de blinis au levain servis chauds: des merveilles de textures iodées et de parfums.

Le trio «Voyage autour du saumon» est à privilégier (37,50 euros) comme l’«Assiette découverte» avec le tarama, les harengs nature et les deux saumons marinés et fumés (26,30 euros). Tout cela est unique à Paris. Accompagné d’un verre d’Aquavit ou d’une bière danoise à la pression (6 euros), on découvre enfin la subtilité, la texture, le moelleux de ce poisson massacré par l’aquaculture industrielle norvégienne, la pire qui soit.

La carte actuelle, sous l’impulsion de Pascal Brun, le grand manager du Groupe Frères Blanc, s’est enrichie de suggestions délicates comme le pavé de cabillaud rôti, fondue de fenouil au citron vert et crevettes roses (34,30 euros), et les filets de maquereaux marinés et grillés à la purée de courgettes menthe (19 euros), un régal, mitonnés par Jean-Bernard Corvaisier, un chef d’avenir, et Bernard Leprince, MOF, patron des chefs du groupe.

Flora Danica

142, avenue des Champs-Élysées 75008 Paris.

Tél.: 01 44 13 86 26.

Joli menu à 29,50 euros ou 38,60 euros. Choix de neuf assiettes. Brunch scandinave le dimanche à 49,50 euros.

Le site

4.MolitorPiscine et cartes séduisantes

Les deux bassins mythiques sont en pleine renaissance, ils structurent l’architecture et l’animation de cette arène sportive si singulière, devenue grâce à Sébastien Bazin, président d’Accor, un hôtel et un restaurant. Quelle heureuse métamorphose!

L’innovation de l’été 2015, c’est la possibilité pour les mangeurs du déjeuner de pouvoir piquer une tête dans l’une des deux piscines (28 degrés) avant de savourer les bons petits plats des chefs Julien Mercier et Wilfried Graux. De l’exercice physique avant les nourritures du corps, qui s’en plaindrait? Menu et bain à 65 euros.

L’autre atout, c’est que la carte est devenue séduisante, excitante pour les papilles et que le choix s’est enrichi de créations originales: le tataki de filet de bœuf (23 euros), le saumon en gravelax (16 euros), les coquillettes italiennes en risotto et foie gras, jambon et champignons, un plat d’enfance (23 euros), les carabineros (grosses crevettes) rôties, tomates siciliennes, un jus comme une bisque (39 euros), le black Angus bio en rôti, jus court au vin rouge et pommes Pont-Neuf (28 euros), pour les carnivores, et le Saint-Honoré aux fruits de la passion, choux caramélisés et crème diplomate (15 euros). Tout cela est concocté avec doigté et respect du produit.

Le soir, tout le XVIe arrondissement se donne rendez-vous dans la salle à manger très animée, ouverte sur les eaux bleutées: une parenthèse de gourmandise et de détente à quelques minutes de l’Étoile, et le long des courts de Roland-Garros –un autre Paris.

Molitor

10, avenue de la Porte Molitor 75016.

Tél.: 01 56 07 08 69.

Menu au déjeuner à 39 euros sauf le weekend. Carte de 60 à 90 euros. Tapas sur le toit toute la journée, DJ le soir et sacrée ambiance. Brunch dominical à 65 euros.

Le site

5.Le Caméléon d’ArabianContre-terrasse

Foie de veau au Caméléon d’Arabian | Caméléon

L’ancien directeur et concepteur avec Ghislaine Arabian son épouse d’alors chez Ledoyen, deux étoiles, a réussi au bout de six années de palabres à agrandir la salle à manger de son restaurant de cuisine bourgeoise en lisière de Montparnasse. Voici pour l’été une contre-terrasse de vingt-deux couverts sous le ciel des Montparnos, un prolongement tant espéré des fins palais, habitués du magnifique châteaubriand de foie de veau épais, le meilleur de Paris (42 euros) –tout un repas accompagné de macaronis gratinés, un régal.

Il faut goûter les plats de saison: la soupe de concombre glacée (16 euros), les aubergines fondantes et tomates cerises marinées à l’origan et tapenade (16 euros), la salade d’été aux légumes de printemps, tataki de thon mariné et anchois (33 euros), le gros cabillaud en bouillabaisse aux pommes de terre en aïoli, superbe composition marseillaise (33 euros) et le gigot d’agneau de lait rôti, pesto de roquette et artichauts poivrade en barigoule (33 euros).

Dessert aux fruits rouges et jasmin (13 euros), fondant au chocolat, sauce cacao (17 euros) à se damner.

Le Caméléon demeure une remarquable adresse: produits parfaits et travail d’orfèvre. Pour le mois d’août, Arabian a fait appel à un chef italien, pasta, risotti, ravioli et tiramisu au programme de ce qui sera, à la rentrée, un grand bistrot du Paris gourmand que le Michelin pourrait étoiler.

Le caméléon d’Arabian

6, rue de Chevreuse 75006 Paris.

Tél. : 01 43 27 43 27.

Menus à 30 et 35 euros au déjeuner. Carte de 60 à 90 euros.

Fermé samedi midi et dimanche.

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6.La Cour Jardin au Plaza AthénéeRestauration élégante

Au centre du palace mythique cher à Arthur Rubinstein, sous les parasols et stores rouges, voilà une enclave très sélect pour un public attaché à une restauration élégante –et de saison. Le chef Mathieu Emeraud envoie des incontournables de l’été: exquises tomates anciennes à la brousse (fromage) de Rove (32 euros), risotto au vert, gamberonis de San Remo comme à Monaco (58 euros) et le homard bleu rafraîchi, légumes en caponata (58 euros). Des préparations haut de gamme, dans l’esprit ducassien, dont la volaille des Landes rôtie et artichauts (46 euros).

Fumiko Kono, créatrice culinaire japonaise, présente un éventail de plats servis en bento: des haricots verts aux amandes, le saumon cru enrichi d’une crème d’avocat et soja (34 euros), le king crabe escorté d’une gelée de yuzu et avocat, les carottes à la saveur de sésame et un exquis maquereau mariné et laqué au soja, riz vénéré compact. Trois plats nippons pour 64 euros dont la neige de café glacé, crème vanille, et une composition savoureuse à l’abricot (22 euros). Le Plaza se renouvelle, tant mieux.

La Cour Jardin au Plaza Athénée

25, avenue Montaigne 75008 Paris.

Tél.: 01 53 67 66 02.

À la carte de 80 à 110 euros.

Pas de fermeture.

Le site

 

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