Science & santé

La Terre est bleue comme une demi-orange

Phil Plait, traduit par Peggy Sastre, mis à jour le 25.07.2015 à 7 h 19

Le satellite DSCOVR, mis en orbite à 1,5 million de kilomètres de la Terre, peut capturer en un seul cliché la moitié de la planète bleue.

Photo satellite de la Terre prise depuis l’Observatoire du climat depuis l'espace lointain | NASA's Earth Observatory via Flickr CC License by

Photo satellite de la Terre prise depuis l’Observatoire du climat depuis l'espace lointain | NASA's Earth Observatory via Flickr CC License by

Oh, quelle planète!

Le 11 février 2015, un lanceur Falcon 9 de SpaceX envoyait dans l'espace le satellite Deep Space Climate Observatory (en français, Observatoire du climat depuis l'espace lointain), ou DSCOVR de son petit nom. L'engin allait lentement être mis en orbite, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, en direction du Soleil, sur un petit nuage gravitationnel appelé le Point de Lagrange L1. C'est à cet endroit que la gravité de la Terre et celle du Soleil s'équilibrent (si vous prenez aussi en compte la force centrifuge de la Terre, à mesure qu'elle tourne autour du Soleil).

Tranquillement arrimé à bonne hauteur, DSCOVR pouvait alors se retourner vers la Terre et prendre des clichés de notre planète en utilisant dix codes couleur différents, afin de permettre aux scientifiques d'observer le changement climatique, entre autres jauges d'importance.

À cette distance, c'est quasiment la moitié de la planète qui peut être vue, et l'appareil a été conçu pour caler toute cette magnificence dans un seul cliché. À mesure que la Terre tourne, au cours d'une journée, toute sa surface peut être observée et photographiée. Dès septembre, le public pourra prendre connaissance des images au lendemain, ou presque, de leur prise.

Flux constant d’images

Avec un appareil doté d'un détecteur à 4 mégapixels, ces images devraient être couramment sublimes... comme le prouve la photo ci-dessus. Il s'agit d'une image en rouge-vert-bleu, soit globalement le codage de l’œil humain. Centrée sur l'Amérique latine, elle vous montre les continents, les nuages et les mers dans la zone des Caraïbes. L'effet laiteux sur les bords est sans doute attribuable à des phénomènes atmosphériques –brumes et autres occultant la vue. Lorsque vous regardez le flanc terrestre de la sorte, vous avez de nombreuses couches d'air à traverser, ce qui fait que l'effet est plus prononcé.

Voir la Terre
de l'espace relève d'une expérience profondément transformatrice

Je serai aussi très intéressé par les images infrarouges, car elles montreront comment la Terre reflète la lumière solaire. Si les missions de DSCOVR sont nombreuses, l'une d'elle consiste à surveiller des indicateurs du réchauffement climatique, et les mesures infrarouges sont ici très utiles. Après tout, c'est bien le cœur du problème: le Soleil réchauffe la Terre et la Terre renvoie cette chaleur sous la forme d'infrarouges. Le dioxyde de carbone de l'atmosphère absorbe une petite partie de cette chaleur, ce qui fait que la Terre ne s'en débarrasse plus aussi bien, et la planète se réchauffe.

Le satellite surveillera aussi la météo solaire –les particules subatomiques en provenance du Soleil. Mais je crois bien que c'est le flux constant d'images qu'il enverra de notre planète qui le fera entrer dans l'histoire. Voir la Terre de l'espace relève d'une expérience profondément transformatrice, quelque chose qui nous touche au plus profond de nous-mêmes, au plus profond de notre cerveau. 

C'est la maison. Et pour l'instant, nous n'en avons pas d'autre. Garder un œil attentif sur elle, en voilà une bien bonne idée.

Phil Plait
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