Monde / Culture

Les relations complexes de Barack Obama avec le Kenya

Temps de lecture : 2 min

Le président américain est en déplacement à partir de ce 24 juillet au Kenya, dont était originaire son père. Son voyage mélange enjeux politiques et symboliques.

Barack Obama en juillet 2015 | Reuters/Kevin Lamarque
Barack Obama en juillet 2015 | Reuters/Kevin Lamarque

C’est la troisième fois que Barack Obama se rend au Kenya, mais seulement la première avec ses habits de président. Alors qu’il s’est déjà rendu quatre fois en Afrique subsaharienne, le président américain semble avoir jusqu’alors tenu le Kenya en réserve. Comme l’explique le New York Times, le pays est difficilement fréquentable. Barack Obama va rencontrer cette semaine le président Uhuru Kenyatta, poursuivi jusqu’à encore décembre dernier pour crime contre l’humanité.

Mais cette retenue pourrait aussi paradoxalement s’expliquer par le lien personnel qui unit le président au pays. Des Républicains, conscients du mythe de «fils de l’Afrique qui a atteint le summum du pouvoir» auquel on l'associe, auraient eu tôt fait d’en jouer. Pour rappel, ils ne s’en étaient pas privés pendant la première campagne présidentielle de Barack Obama, créant de toute pièce la controverse du «Birther movement». Des adversaires politiques, tels que Donald Trump, avaient accusé le candidat d’être né au Kenya et d’être de facto inéligible pour la présidentielle. Obama avait dû montrer son certificat de naissance d’Hawaï pour faire cesser le scandale.

Pour se prémunir de tels assauts médiatiques, le président s’est donc distancié du Kenya. Comme l’explique Jeune Afrique, «le président américain est un animal à sang froid. Un cérébral qui déteste mélanger politique et affectif [...]. Ceux qui ont cru que cet homme d’origine kenyane (par son père) allait favoriser l’Afrique se berçaient de douces illusions».

Civil vs président

Contrairement à ses voyages antérieurs, pendant lesquels il avait pu renouer avec ses origines, sans dispositif de sécurité gigantesque et sans voiture blindée, Barack Obama ne pourra pas sortir de Nairobi pour des raisons de sécurité:

«Je vais être honnête avec vous, me rendre au Kenya en tant que civil a certainement plus de sens pour moi que d’y aller en tant que président, parce que je peux sortir d’une chambre d’hôtel ou d’un centre de Congrès. Les conditions de sécurité pour un président sont toujours contraignantes. Mais évidemment, c’est important symboliquement que j’y aille en tant que président

En effet, ses précédents déplacements au Kenya ont été fondateurs. En atteste le témoignage d’un de ses anciens assistants:

«C’est évident lorsque vous lisez ses livres, si vous écoutez ce qu’il dit au sujet de sa biographie: le Kenya a joué un rôle important dans sa manière de concevoir le monde et ses relations avec les autres Américains

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