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L'avenir appartient aux gens qui se lèvent tôt (et ce n’est pas qu’une question de génétique)

La chouette, un oiseau de la nuit | Max Braun via Flickr CC Licence by

La chouette, un oiseau de la nuit | Max Braun via Flickr CC Licence by

La génétique explique une grande partie de notre rapport au sommeil. Mais il ne faudrait pas oublier le poids de l’organisation sociale.

Comment expliquer que certains soient du matin et d’autres du soir? Pour la scientifique Sabrina Stierwalt, notre préférence entre le fait de se coucher tard et celui de se lever tôt est inscrite dans ce qu’on appelle les gènes de l’horloge. Ces gènes définissent notre rythme circadien qui régule les niveaux de notre pression sanguine, de notre température corporelle, de nos hormones et de tout notre métabolisme par tranches de vingt-quatre heures environ. C’est ce rythme et la régulation qu’il entraîne, sensiblement différente chez chaque individu, qui définit notre temps de sommeil nécessaire, mais aussi notre rapport aux heures.

Ceci dit, notre environnement influence grandement notre rapport au sommeil et notre horloge interne. Les lumières aux teintes bleues de nos écrans d’ordinateur, tablettes ou smartphones perturbent notre sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil qui régule notre cycle jour/nuit. On peut ainsi naître lève-tôt et changer de posture si l’on s’expose trop à ces écrans, changeant du même coup notre rythme circadien. Pour plus de détail, voir l’excellent épisode de la chaîne Youtube #datagueule.

Des gènes qui influencent notre comportement social

Pourquoi, si notre appréhension du sommeil est génétique, dit-on que l’avenir appartient à aux gens qui se lèvent tôt? Il faut croire que l’organisation sociale ne s’adapte pas à cette différenciation génétique. La grande majorité des emplois d’aujourd’hui commencent entre 7 heures et 9 heures du matin, tranche horaire destinée au sommeil pour les oiseaux de nuit. Le couche-tard est victime d’un jet-lag social, qui le désavantage face aux lève-tôt.

Le couche-tard est victime d’un jet-lag social, qui le désavantage face aux lève-tôt

D’un point de vue scientifique, l’explication est liée à notre production de cortisol, qu’on pourrait qualifier d’hormone de l’éveil, en opposition à la mélatonine. Les deux productions s’alternent et la production de cortisol commence juste avant le réveil. C’est cette hormone qui crée notre vivacité. Un couche-tard réveillé prématurément devra attendre plus longtemps pour que l’hormone soit suffisamment secrétée puisqu’il n’aura pas respecté son horloge interne.

C’est pour cela que, dans notre système social, les lève-tôt sont plus heureux, plus productifs et en meilleure santé: parce qu’ils respectent leur horloge interne. En revanche une étude sur le sommeil de la revue Sciences a montré que les oiseaux de nuit étaient plus attentifs dix heures après le réveil, même si ce réveil était prématuré. Ces données influencent grandement le comportement des personnes. Mais si les différences sont encore difficiles à comprendre, on sait que les couche-tard sont (sauf exceptions) plus créatifs et entreprenants que les lève-tôt, mais également plus enclins aux comportements addictifs et à la frustration.

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