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Faut-il de nouvelles lois pour les robots?

 Robot pistolero | jlmaral, via Flickr CC 2.0 License by

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La démocratisation de la robotique devrait-elle signifier la création d’un droit différent de celui qui s’applique aux nouvelles technologies et à l’informatique?

Faut-il adapter notre droit et imaginer de nouvelles lois pour s’adapter aux robots? C’est la question posée par un chercheur en droit américain, Ryan Calo. «La démocratisation de la robotique dans la société va, comme il en a été pour l’Internet, engendrer d’intenses tensions sociales, culturelles, économiques et bien sûr juridiques», affirme ce professeur associé à l’université de droit de Washington dans un article résumé sur le site de sa faculté.

Pour ce professeur, la robotique a besoin d’un droit différent de celui qui s’applique aux nouvelles technologies et à l’informatique, notamment parce que les robots peuvent blesser des humains et effectuer des tâches «imprévisibles», et que la frontière entre l’humain et les robots s’est considérablement rétrécie, selon lui.

Des événements récents impliquant des robots ont soulevé des questions éthiques et juridiques. Un employé allemand de la firme Volkswagen a ainsi été tué par un robot, vraisemblablement suite à une erreur humaine. «Qui doit être blâmé quand un robot tue un homme?» s’est demandé Salon.com, à l’instar de nombreux internautes. Dans une exposition, deux artistes ont commandé à un robot d'effectuer des achats aléatoires, et ce robot acheta de la drogue. Qui est responsable?

Conscience de soi

Une vidéo de la société de robotique Boston Dynamics, rachetée par la firme Google en 2013, montrait en février un de ses employés poussant violemment un robot ayant l’apparence d’un chien, nommé Spot. Cette image a suscité de nombreuses réactions négatives sur les réseaux sociaux, à tel point que la chaîne d’information américaine CNN s’est demandé si c’était «cruel» de frapper un robot, et qu’une chroniqueuse du San Francisco Chronicle, le quotidien local de référence du nord de la Californie, a même affirmé que cela paraissait un acte «vraiment mauvais».

De là à accorder des droits et des devoirs aux robots, il n’y aurait plus qu’un petit pas, estiment certains. Sauf que, précisément, il leur manque encore la conscience de soi, ce «pouvoir» qui «élève l'homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre» et fait de lui «une personne, [...] un être entièrement différent, par le rang et la dignité, de choses comme le sont les animaux sans raison», et qui lui confère précisément des droits et des devoirs, comme l’a avancé le philosophe Emmanuel Kant, dont la pensée, ainsi que celle des penseurs des Lumières, est aux fondements de nos principes juridiques. Pas sûr que les robots atteignent un jour cette conscience-là...


 

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