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Pourquoi on entend moins parler de tous les latinos tués par la police américaine

À Pasco (État de Washington, États-Unis), le 21 mars 2015, des croix et des bougies ont été déposées sur le trottoir en mémoire d’Antonio Zambrano-Montes, qui a été tué par la police | REUTERS/Ross Courtney

À Pasco (État de Washington, États-Unis), le 21 mars 2015, des croix et des bougies ont été déposées sur le trottoir en mémoire d’Antonio Zambrano-Montes, qui a été tué par la police | REUTERS/Ross Courtney

Dans le comté de Los Angeles, la majorité des personnes mortes sous les balles des policiers sont latinos. Mais les noms des victimes sont bien moins relayés par les médias que ceux des Afro-Américains.

La presse internationale a beaucoup parlé de Michael Brown et d'Eric Garner, deux noirs américains tués par des policiers en 2014, mais très peu de tous les Latino-Américains qui ont aussi été tués par la police américaine. Le déséquilibre se retrouve dans les médias américains, qui ont consacré beaucoup moins de reportages à ces cas.

Antonio Zambrano-Montes, Oscar Ramirez Jr. ou encore Ricardo Diaz Zeferino n'étaient pas armés quand ils sont morts sous les balles des policiers mais leurs noms restent quasiment inconnus. La vidéo choquante montrant la mort de Diaz Zeferino a récemment été rendue publique par décision de justice mais n'a pas déclenché de mouvement de protestations. Il y a bien eu quelques manifestations mais rien comparé à l'ampleur du mouvement Black Lives Matter pour les victimes noires.

Pourtant, en 2015, dans le comté de Los Angeles, sur vingt-trois personnes tuées par la police, quatorze étaient d'origine latino-américaine, dont plusieurs qui n'étaient pas armées. Selon le Los Angeles Times, la différence de réaction s'explique en partie par le contexte historique. Alors que les noirs américains sont victimes de brutalités sanctionnées par les autorités depuis des siècles aux États-Unis, ce n'est pas le cas des Latino-Américains, qui ont pour la plupart une image positive de la police. Les journalistes rappellent notamment que, dans la police de Los Angeles, 45% des policiers sont latino-américains.

Absence de leadership

Alors que les églises noires sont très impliquées dans le militantisme politique, ce n'est en général pas le cas des églises catholiques fréquentées par les immigrés hispanophones. Lorsque les latinos manifestent, c'est plutôt pour des questions de réforme de l'immigration, et tout le reste passe au second plan.

L'autre point essentiel est l'absence de leadership politique unifié. Un article du Huffington Post rappelait que, dans un sondage de 2013, lorsqu'on demandait aux immigrés latinos de nommer un leader de leur communauté, la majorité ne savait pas quoi répondre. À l'inverse, une personnalité comme le révérend Al Sharpton, un pasteur et présentateur télé afro-américain, sert en quelque sorte de porte-parole de la communauté noire. En cas de brutalité policière, il rencontre les familles, organise des marches de protestations, fait des discours et est invité pour donner son point de vue un peu partout dans les médias. 

Dans la communauté latino, il y a nettement moins de solidarité sur la question des violences policières et les familles des victimes interviewées par le Los Angeles Times  se sentent isolées et peu soutenues dans leur douleur et leur combat judiciaire.

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