Sciences

Ces petit insectes immunisés contre la caféine sont les pires ennemis de votre café

Temps de lecture : 2 min

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Hypothenemus » par L. Shyamal — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Vous n'en avez sûrement jamais entendu parler, mais la scolyte des baies de caféier (Hypothenemus hampei) est le pire ennemi de votre café. Ce petit insecte qui ne dépasse généralement pas les deux millimètres de long, qui se terre dans les graines de café pour y vivre leur vie, s'y reproduire, est devenu le principal ravageur du café au niveau mondial, résume Wikipédia.

Résultat, raconte The Economist, on estime que ces petites bêtes détruisent pour 500 millions de dollars (462 millions d'euros) de graines de café par an, «diminuant ainsi les revenus de quelques 20 millions de cultivateurs».

Alors que la caféine repousse habituellement les insectes, et qu'être exposé à de très grandes doses peut être dangereux —pour les insectes, comme pour les humains—, des chercheurs se sont demandé comment la scolyte des baies de caféier parvenait à survivre en ingérant l'équivalent de 500 shots d'expresso pour une personne de 68 kilos, explique le Washington Post. Et ils ont trouvé la réponse:

«Les chercheurs ont retiré l'appareil digestif d'insectes morts et l'ont immergé dans une solution de caféine. Ils ont découvert que quatorze espèces de bactéries —partagés par la plupart des insectes étudiés— ne lui permettent pas seulement de survivre à toute cette caféine, mais elles semblent aussi l'utiliser comme leur seule source de carbone et d'azote.»

Lors de cette même étude, publiée dans Nature Communications, les scientifiques ont également découvert que sans les microbes présents dans l'appareil digestif, les scolytes des baies de caféier ne pouvaient pas digérer la caféine et se reproduire efficacement, détaille Newsweek.

«Lorsqu'ils ont réinoculé aux insectes une espèce de bactérie nommée Pseudomonas fulva (qui, dans un rare cas, a causé un cas de méningite chez un bébé, mais dont on estime généralement qu'elle n'est pas dangereuse pour les humains), ils ont pu à nouveau métaboliser le stimulant. Ceci a prouvé que c'était les microbes et pas l'insecte lui-même qui cassait la caféine.»

Et connaître le rôle et l'importance de cette bactérie et de ces microbes pourrait bien être crucial dans la lutte contre cet insecte, rapporte CNET.

«Dans un communiqué, Javier Ceja-Navaro, un scientifique de Lawrence Berkeley qui est aussi l'un des co-auteurs de l'étude explique que la population de scolytes des baies de caféier vivant dans les cultures pourrait être réduite sans l'usage de pesticides, si l'on peut "développer un moyen de perturber la bactérie et de rendre la caféine aussi toxique pour ce nuisible qu'elle l'est pour les autres insectes.»

En attendant, CNET rappelle qu'une étude publiée en 2014 dans le Proceedings of the National Academy of Sciences «suggérait qu'avoir plus d'arbres près des plantations pourrait réduire la propagation de ces sales envahisseurs. Les chercheurs avaient mis au point un modèle informatique de plantations jamaïcaines de café qui montrait que les cultures qui étaient plus proches d'une grande population d'arbrees attirait plus les oiseaux qui mangent les insectes.»

Slate.fr

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