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Une famille américaine est allée découvrir comment les organes de son jeune bébé ont été utilisés

Des chirurgiens extraient les organes d'une femme en état de mort cérébrale, le 12 janvier 2008, à Berlin. REUTERS/Fabrizio Bensch

Des chirurgiens extraient les organes d'une femme en état de mort cérébrale, le 12 janvier 2008, à Berlin. REUTERS/Fabrizio Bensch

Six jours après sa naissance, l'un des jumeaux de la famille Gray est décédé des suites d'une anencéphalie, une malformation congénitale. C'était en mars dernier, les parents savaient que Thomas ne devait survivre que quelques jours, et ils avaient décidé de faire don de ses organes. L'excellente émission américaine Radiolab est retournée enquêter sur cette histoire. La mère explique:

 

«Nous avons appelé le Washington Regional Transplant Community et ils ont envoyé un homme, chez nous. Il a récupéré son corps et l'a emmené au centre médical pour enfants de Washington.»

En avril, un bébé anglais mort des suites de la même maladie avait «permis à un adulte souffrant d'insuffisance rénale de vivre».

Dans le cas de la famille Gray, c'est un peu différent. Comme l'expliquait The Philadelphia Inquirer, en mars dernier, pour la mère, Sarah, «c'était loin d'être la fin. Elle se demandait souvent ce qu'étaient devenus ses yeux, son sang, son foie.»

Alors, quand deux ans plus tard elle s'est rendue à Boston pour son travail, elle a décidé d'appeler l'institut de recherche Schepens Eye, liée à l'université d'Harvard, où la cornée de son fils avait été envoyée, et a demandé si elle pouvait venir visiter les lieux. Le lendemain, Sarah Gray a pu rencontrer le scientifique en charge de l'institut qui lui a expliqué que ces yeux avaient une énorme valeur pour lui et son équipe. Tout d'abord en raison de leur rareté et ensuite comme l'explique The Philadelphia Inquirer, parce qu'«étant si jeunes, ils ont de grandes propriétés régénératrices»:

«Les cornées de Thomas avaient été utilisées dans une étude qui pourrait un jour aider à soigner la cécité cornéenne. Treize autres études l'avaient citée. Et Sarah Gray ressentit une nouvelle émotion: la fierté.»

La famille Gray s'est ensuite rendue dans plusieurs endroits aux Etats-Unis pour savoir ce qu'avaient pu découvrir les chercheurs. Et comme le résume Radiolab, «ils ont réussi à rencontrer les gens pour qui la courte vie de Thomas était aussi un cadeau, mais bien différent».

Tout d'abord à Duke, où des chercheurs ont pu étudier le sang du cordon ombilical de Thomas et de son frère Callum pour observer les différences épigénétiques. Un peu plus loin, à Cytonet, l'entreprise de biotechnologie «a utilisé le foie de leur bébé dans un essai pour déterminer le meilleure température pour congeler les tissus du foie».

Le voyage s'est terminé en mars dernier, à l'université de Pennsylvanie où avaient été envoyées les rétines du bébé. Arupa Ganguly, une professeure de génétique à l'hôpital de l'unversité de Pennsylvanie les utilise dans ses recherches contre le rétinoblastome —une tumeur de la rétine qui touche les jeunes enfants— et explique à quel point tout ceci est précieux pour eux, tant il est rare d'en obtenir.

Dans Radiolab, Sarah Gray raconte comment ceci a changé sa façon de voir le monde:

«Je pense qu'il y a des gens vraiment incroyables et bienveillants dans ce monde. Et la science et la médecine ont quelque chose à voir avec cela. J'ai commencé à sentir qu'ils étaient les collègues de Thomas, et qu'il était un partenaire important dans toutes ces recherches.»

C'est d'ailleurs ce qu'elle avait expliqué quelques mois plus tôt au Philadelphia Inquirer:

«De la façon dont je vois tout cela, notre fils est allé à Harvard, Duke et à l'université de Pennsylvanie. Il a un travail. Il est utile au monde. J'espère simplement que ma vie pourra l'être autant.»

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