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La question piège d'un professeur américain pour faire gagner des points à ses élèves

Computer problems CollegeDegrees360 via Flickr CC License by

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Vous vous souvenez de ces moments au lycée ou à la fac, devant votre copie, où vous vous demandiez ce que vous seriez prêt à faire pour gagner quelques points? Dylan Selterman, un professeur de psychologie de l’université du Maryland, dans le nord-est des Etats-Unis, va vous faire regretter de vous être posé la question.

«Vous avez l’opportunité t’obtenir des points en plus pour votre dernier devoir. Choisissez si vous voulez 2 points ou 6 points et ils seront ajoutés à votre note [aux Etats-Unis, les tests sont généralement notés sur 100]. Mais il y a un petit piège: si 10% ou plus de la classe choisit de gagner 6 points, personne n’aura quoi que ce soit en plus. Vos réponses seront anonymisées pour le reste de la classe. Je serai le seul à les voir.»

Mégasurprise: plus de 10% des élèves ont demandé à récupérer six points supplémentaires et personne n’a rien gagné. En fait, depuis 2008, seule une de ses classes a obtenu des points en plus, raconte le professeur au Baltimore Sun:

«C’est une trop grosse tentation pour certains étudiants que de prendre l’option avec le plus grand nombre de points, et il me semble que c’est juste une part de la nature humaine.»

Dylan Selterman confirme au quotidien que ce dilemme est un dérivé de la tragédie des biens communs, «une classe de phénomènes économiques décrivant une compétition pour l'accès à une ressource limitée, menant à un conflit entre intérêt individuel et bien commun dont la conséquence rationnelle est un résultat perdant-perdant: la surexploitation de la ressource», comme le résume Wikipedia.

Le professeur américain décrit ce qu'il a proposé à ses élèves comme «la façon dont les gens sont divisés entre la volonté de faire ce qu’il y a de mieux pour soi, et donc de plus consommer une ressource et limiter sa propre consommation et faire ce qu’il y a de mieux pour le groupe. […] Si le groupe souffre, tout le monde dans le groupe souffre.»

Il évoque également l'influence du concept du «dilemme du prisonnier»:

«Si tu dénonces ton complice et qu'il ne te dénonce pas, tu seras remis en liberté et l'autre écopera de 10 ans de prison. Si tu le dénonces et lui aussi, vous écoperez tous les deux de 5 ans de prison. Si personne ne se dénonce, vous aurez tous deux 6 mois de prison.»

Dylan Selterman n’est cependant pas vraiment l’auteur de ce nouveau dilemme. Il l’a emprunté à l’un de ses professeurs de l’université de Johns Hopkins. Et il n’est pas le seul. Il a ainsi expliqué à BuzzFeed que ce test est fréquemment utilisé par ses collègues.

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