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Les «Nintendinites» et «Wiites», les blessures des jeux vidéos, ont leurs médecins spécialistes

A haut niveau, les pathologies qui touchent les adeptes du “e-sport” sont tout aussi handicapantes que celles des sportifs traditionnels.

Lorsqu’on pense aux jeux vidéos, on s’imagine un joueur installé tranquillement dans son canapé, ne brûlant pas beaucoup de calories, et sans risque de se blesser. Détrompez-vous: à haut niveau, les pathologies qui touchent les adeptes du «e-sport» sont tout aussi handicapantes que celles des sportifs traditionnels. Un médecin s’en est fait une spécialité, le docteur Levi Harrison, dont le magazine en ligne Motherboard dresse le portrait.

Après les fre-fighters et autres adeptes des arts martiaux mixtes, les gamers sont devenus ses patients les plus nombreux, à cause des mouvements répétés qui entraînent divers types de maladies comme le syndrôme du canal carpien, la tendinite du coude, la ténosynovite, caractérisée par une inflammation du tendon et de sa gaine synoviale, voire la rupture du tendon d’Achille. On appelle aussi ces pathologies des «Nintendinites» ou des «Wiitites», elles ont été passées en revue par des chercheurs pour le British medical journal, qui ont relevé 39 blessures différentes rien que pour la Wii.  

«On ne les considère pas assez comme des athlètes»

Hai Lam, l’un de ces e-sportifs, a dû arrêter sa carrière à l’âge de 22 ans seulement, à cause d’une blessure due aux gestes répétitifs qu’il devait faire. Sur motherboard, des joueurs expliquent ainsi jouer de 9h à 2h du matin sans interruption. La série documentaire Changing Lanes, dont le dernier épisode a été mis en ligne le 13 juillet dernier, montre ces joueurs lors de leur préparation pour le tournoi mondial «The International», où les athlètes virtuels s’affrontent dans une arène en ligne sur le jeu Dota 2.

Le docteur Levi reçoit maintenant de tels patients quasiment chaque semaine, qui ont parfois parcouru des milliers de kilomètres pour venir le voir, désespérés. Et de conclure dans l’article: «J’ai beaucoup de respect pour eux, je pense qu’on les sous-estime et qu’on ne les considère pas assez comme des athlètes. (..) Pourtant c’est un sport, un vrai sport».

 

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