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Une greffe de main sur une cheville, une oreille sur le bras, un nez sur le front: mais pourquoi?

Crédit: capture écran d'une vidéo de China News.

Crédit: capture écran d'une vidéo de China News.

On n'arrête pas les progrès de la médecine. Alors que les chirurgiens parviennent aujourd'hui à faire des triples greffes, à greffer des visages entiers, et espèrent même bientôt greffer des pénis cultivés en laboratoire, on voit aussi de plus en plus de greffes qui paraissent étranges. A quoi servent-elles?

1.La greffe de main sur une cheville

Xiao Wei, un jeune ouvrier chinois qui avait eu la main coupée lors d’un accident de travail en novembre 2013, vient de récupérer sa main, selon le journal chinois Le Quotidien du peuple, et peut désormais bouger les doigts, après deux opérations. Mais pas n’importe quelle opération: si les greffes de membres sectionnés sont désormais courantes, la technique utilisée dans ce cas l’est beaucoup moins. Pour la réimplanter, les médecins l’ont d’abord greffée sur sa cheville:

 

2.Une oreille sur un bras

Cette histoire en rappelle aussi une autre, celle d’une jeune Belge de 19 ans, qui avait perdu une de ses oreilles à la suite d’un cancer. Les médecins lui ont alors proposé de recréer une oreille… sur son bras, avant de la greffer ensuite sur sa tête, comme l’expliquent Sciences et avenir et RTL en Belgique. L’équipe médicale a implanté un moule en polyéthylène poreux dans l'avant-bras de la jeune fille, qui a ensuite été «colonisé par les cellules de la patiente», comme l’explique Sciences et avenir. Ne restait plus qu’à implanter cette nouvelle oreille et de percer un conduit auditif:


 

3.Un nez sur un visage

En Chine à nouveau, un patient s’est aussi fait greffer un nez qui avait poussé... sur le front. Xiao Lian, un jeune chinois de 22 ans, avait perdu le cartilage de l’organe de l’odorat à cause d’une infection. Un «greffon» de nouveau nez a donc été créé, après avoir prélevé du cartilage sur ses côtes, placé sous la peau du front, en forme d’appendice nasal:

 

Une pratique qui s'explique, mais parfois critiquée

Quel est l’intérêt de ces techniques? Dans le premier cas, les médecins de l’ hôpital Xiangya à Changsha, la capitale du Hunan, ont expliqué qu’ils ne pouvaient par réimplanter la main tout de suite, car les nerfs et les tendons avaient besoin de temps pour guérir. Mais si une main n’est pas alimenté de sang dans les dix heures qui suivent, les tissus commencent à se nécroser. Les médecins ont donc eu l’idée de greffer la main directement à la cheville du patient, pour qu’elle continue à être alimentée de la meilleure manière.  

Concernant la prothèse d’oreille implantée sur le bras puis greffée à l’endroit où l’oreille originelle avait été amputée après le cancer de la patiente, ce sont d’abord des raisons esthétiques qui expliquent le choix de cette technique médicale, plutôt que l’utilisation d’une simple prothèse, mais pas seulement. “Cette prothèse n’était pas naturelle, elle devait l’enlever régulièrement et il y avait toujours des infections autour des implants. Elle m’a demandé si je ne pouvais pas lui en fabriquer une “, explique le docteur Afshim Yousefpour, chirurgien maxillo-facial et chef de pôle "tête et cou" de la Clinique Ste-Anne St-Remi à Bruxelles. Selon lui, cette nouvelle oreille présente plusieurs avantages par rapport à une prothèse en silicone, dont celui d’avoir “la souplesse de la peau”.

Le troisième cas est plus discuté. Le Dr Guo, chirurgien à Fujian, a estimé que la greffe d’un autre nez, par exemple appartenant à un autre patient tout juste décédé, n’aurait pas marché. Les chirurgiens ont fait le choix de recréer un organe sur le front, parce que la peau à cet endroit est selon eux plus adaptée pour le nez, étant plus proche en termes de coloration, de souplesse et épaisseur. Mais un spécialiste en chirurgie plastique et réparatrice à Paris interrogé par le Figaro est plus dubitatif, estimant qu’il n’était pas besoin de laisser ce nouveau nez des mois sur le front du patient, et qu’il était possible d’en reconstruire un nouveau au cours d’une seule opération. La méthode lui paraît «un peu compliquée» et il estime qu’il n'y a là «rien de très nouveau».

 

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