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En Angleterre, les mineures qui risquent d'être excisées à l'étranger sont interdites de sortie du territoire

Temps de lecture : 2 min

Pour la première fois, la justice anglaise a autorisé la police à saisir les passeports de deux mineures qui risquaient d'être excisées pendant leurs vacances en Afrique. Une loi passée en octobre 2014 permet aux autorités d'interdire de sortie du territoire des jeunes filles risquant d'être mutilées, ainsi que toute personne soupçonnée d'organiser ces voyages, rapporte le Guardian.

«Alors que les écoles ferment leurs portes pour les vacances d'été, nous continuerons d'utiliser cette législation pour empêcher les filles qui courent le risque d'être excisées de quitter le pays» a déclaré l'inspecteur Nick Bellingham, de la police de Bedfordshire.

Cinq ans de prison

Selon les estimations de la police, chaque année en Angleterre, environ 20.000 filles de moins de 15 ans risquent d'être mutilées génitalement. Beaucoup viennent de familles originaires d'Afrique de l'est, notamment de Somalie et d'Ethiopie.

Cette loi ne devait entrer en vigueur qu'à partir de l'automne, mais en juin dernier, le premier ministre David Cameron a demandé à ses ministres d'accélerer le processus afin que les autorités puissent stopper les départs pendant les grandes vacances. Les personnes qui contreviennent à cette loi risquent un maximum de cinq ans de prison.

1700 cas de femmes traitées pour excision en un an

La lutte contre l'excision est devenue une priorité du gouvernement ces dernières années. Depuis 2014, les hôpitaux publics doivent comptabiliser toutes les femmes traitées pour des complications liées aux excisions. En sept mois en 2014, plus de 1 700 cas ont été enregistrés. Ces mutilations varient et incluent l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes.

Certains projets de mesures répressives ont déjà été critiqués. Une proposition de loi forcerait notamment les médecins et les enseignants à rapporter les cas d'excision à la police, ce qui pourrait dissuader les jeunes femmes de demander de l'aide.

En février dernier, le premier procès contre un obstréticien anglais soupçonné d'avoir génitalement mutilé une femme après son accouchement a fini par la relaxe du médecin, qui avait en fait normalement géré les complications de l'accouchement d'une femme excisée dans son enfance.

Slate.fr

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