Exxon «ne partage pas les vues des climato-sceptiques» mais les finance en douce

Une station Exxon victime de l'ouragan Katrina en Floride, 2005 (domaine public)

Une station Exxon victime de l'ouragan Katrina en Floride, 2005 (domaine public)

Le Guardian continue de s’attaquer au géant pétrolier ExxonMobil. Après sa promesse de ne plus financer le climato-scepticisme en 2007, l’entreprise aurait donné 2,3 million de dollars à des membres du Congrès et un lobby qui nient le changement climatique.

Cela ressemblerait presque à de l’acharnement: en une semaine, il s’agit du deuxième scandale révélé par le Guardian à l’encontre d’ExxonMobil, société pétrolière et gazière américaine. Après trente années de financement du climato-scepticisme, Exxon avait reconnu en 2007 que le réchauffement climatique était bien réel. Le journal britannique affirme pourtant que la société a donné 1,87 million de dollars à des Républicains siégeant au Congrès américain et 454.000 dollars au lobby American Legislative Exchange Council (Alec).

Alec, par exemple, lutte activement pour bloquer toutes les législations environnementales. Le lobby organise régulièrement des conférence sur le thème du climat et affirme que les émissions de dioxyde de carbone sont «l’élixir de la vie».

Parmi les Républicains concernés, on peut citer le sénateur de l’Oklahoma, Jim Inhofe, pour qui le réchauffement climatique est une fausse alerte, ou encore le sénateur du Mississippi, Roger Wicker. Exxon aurait même donné 868.150 dollars à des sénateurs républicains qui ont voté contre une résolution reconnaissant que l’activité humaine était le premier facteur du changement climatique.

L'horizon COP21

C’est l’organisation Oil Change International qui a révélé ces chiffres au Guardian. L’organisation cherche à mettre en lumière les blocages de la législation américaine à moins de six mois de la COP21, à Paris, fin novembre. Selon l’organisation, ce sont des compagnies comme Exxon qui empêchent ce genre de sommet d’aboutir: elles bloquent les discussions tout en affirmant lutter contre le réchauffement climatique.

«S’ils comptent être sérieux par rapport à ce qu’ils disent sur leur croyance dans la science et le changement climatique, il doivent agir et montrer leur sincérité», souligne David Turnbull, directeur de campagne à Oil Change International.

De son côté, Exxon nie en bloc toutes ces accusations et s’en prend directement au Guardian, qu’il accuse d’avoir «abandonné le journalisme objectif» et de «ne plus être digne de confiance sur la couverture d’un sujet de cette importance». S’en prendre à l’objectivité du journaliste pour contester des chiffres élaborés par une organisation de défense du climat, décidément, Exxon est à bout.

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