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Nos dirigeants seraient tous des démagogues

Angela Merkel accueillant David Cameron à Berlin le 24 juin | Reuters/Axel Schmidt

Angela Merkel accueillant David Cameron à Berlin le 24 juin | Reuters/Axel Schmidt

Restrictions budgétaires, encadrement sévère de l’immigration, pression sur la Grèce pour la sortir de l’euro... Ces décisions de nos dirigeants ne seraient pas l’œuvre de leaders mais de démagogues.

Dans un billet d’humeur intitulé «La fin du leadership», l’économiste Humair Haque tente d’apporter des éléments d’explication au pessimisme politique ambiant.

Angela Merkel et David Cameron en prennent pour leur grade. La volonté de la chancelière allemande de se débarrasser de la Grèce et la cure d’austérité imposée par le Premier ministre britannique aux Anglais ne correspondent à rien. Non à rien. C’est-à-dire à aucune conviction politique, éthique, économique ou morale particulière. C’est pourquoi ce sont à ses yeux des démagogues. Il propose une courte définition du terme:

«Le démagogue est une personne, en particulier un orateur ou un leader politique, qui gagne en pouvoir et en popularité en jouant sur les émotions, les passions et les préjugés des gens.»

Absence de raisonnement logique

Il s’appuie ensuite sur l’exemple de la politique d’immigration de David Cameron:

«Le gouvernement de David Cameron a littéralement interdit l’immigration au Royaume-Uni. Mais des décennies de raisonnement logique pour ne pas parler de preuvesont montré que l’immigration profitait aux économies développées. Les démagogues n’agissent pas de manière rationnelle, raisonnée ou saine, que ce soit en termes d’économie, de morale, de politique ou de quoi que ce soit qui pourrait être à juste titre comparé à un système de pensée. Et pourquoi? Ils s’en prennent à nos émotions, ils exploitent nos préjugés; tels des magiciens, ils dévorent nos peurs et exaucent nos souhaits. Ce sont les sorciers de notre nature animale. [...] Ils nous conduisent au pire de nous-mêmes.»

Selon Humair Haque, cette capacité à saisir les bas instincts du citoyen et à en jouir, est ce qui distingue nos dirigeants des grands hommes d’État, comme Mandela qui montrait l’action politique sous son jour le plus noble.

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