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Un village lunaire, l’étonnante proposition du nouveau directeur de l’Agence spatiale européenne

Vue d'artiste de base lunaire construite en impression 3D | ESA/Foster + Partners

Vue d'artiste de base lunaire construite en impression 3D | ESA/Foster + Partners

Après quinze jours à la tête de l’Agence spatiale européenne, Johann-Dietrich Woerner voit déjà loin. Dans une interview à la BBC, l’ingénieur allemand se disait lundi 13 juillet favorable à la construction d’un village sur la Lune.

Avec cette initiative, Johann-Dietrich Woerner donne de la suite aux idées de Bernard H. Foing, astrophysicien de l’Agence spatiale européenne (aussi désignée par son acronyme anglais ESA) qui défend depuis 2004 l’idée d’un village lunaire robotique censé précéder une véritable base humaine.

Dans l’entretien qu’il a donné à la BBC lundi 13 juillet 2015, le nouveau directeur de l’Agence spatiale européenne semble vouloir aller plus loin. Il ne s’agit pas de construire un village avec «quelques maisons, une église et une mairie» mais une vraie base spatiale qui réunirait des scientifiques du monde entier pour étudier l’univers. L’idée est ambitieuse et inattendue, surtout dans une première interview où l’on s’attendait à un discours classique sur la situation économique de l’agence et un rappel de l’importance d’explorer l’univers pour faire avancer les grandes découvertes scientifiques.

« Nous devons penser l’avenir au-delà de la Station spatiale internationale, explique-t-il à la BBC. Ce village lunaire nécessite des partenaires venus du monde entier qui contribueraient à cette communauté par des missions robotiques et astronautiques mais aussi par un support de communication satellite.»

Message politique

Avec cette idée de projet, M. Woerner veut faire de l’espace le lieu du rassemblement des nations. Il souhaiterait qu’une telle mission puisse se faire en collaboration avec des astronautes russes mais aussi chinois. Mais, outre-Atlantique, la Nasa refuse catégoriquement de se lier au programme spatial chinois. Woerner regrette le choix des États-Unis de concentrer leurs efforts sur un potentiel voyage sur Mars.

«Nous avons suffisamment de problèmes sur Terre entre les différentes nations. L’espace peut dépasser ces problèmes et la Lune semble être une bonne proposition pour une telle coopération.»

Nous avons suffisamment de problèmes sur Terre entre les différentes nations. L’espace peut dépasser ces problèmes

Johann-Dietrich Woerner

Avec un village lunaire, Américains et Européens pourraient installer sur la Lune un observatoire bien plus performant grâce à l’absence d’atmosphère et surtout tester les technologies qui permettrait un voyage sur Mars à plus long terme. Il évoque notamment le test d’une imprimante 3D géante pour construire les structures de ce village scientifique.

Un tel projet représenterait un coût extrêmement important mais le nouveau directeur de l’ESA rappelle qu’il ne s’agit pour l’instant que d’une idée qui ne peut pas être endossé seulement par l’Agence européenne. Il faudra donc attendre un changement de politique du côté des États-Unis avant de voir les premiers hommes vivre sur la Lune.

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