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Google avait laissé des données sur le droit à l'oubli dans son code source

Google Paul Downey via Flickr CC License by

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Le Guardian a mis la main sur plus de 75% des demandes de suppression de liens vers des pages internet comportant des données personnelles, ce que Google avait toujours refusé de rendre public.

Jusqu'à aujourd'hui, quand on parlait des demandes sur le droit à l'oubli, on n'avait que les informations que Google voulait bien fournir. Depuis mai 2014 et l'arrêt de la Cour de justice européenne, tout citoyen européen peut demander au géant du Web «la suppression de liens vers des pages internet comportant des données personnelles “inappropriées, hors de propos ou qui n'apparaissent plus pertinentes” dans les résultats de recherche associée à leur nom», comme le rappelait en septembre dernier Le Figaro.

Mais, ce 14 juillet, le Guardian a légèrement changé la donne. Lors de recherches, le quotidien britannique a mis la main sur plus de 75% des demandes de suppression, que Google avait toujours refusé de rendre publiques. Elles étaient cachées dans le code source du rapport de transparence de Google.

«Les données ont été trouvées lors d'une analyse de versions archivées du rapport de transparence de Google et détaillent l'analyse numérique de chaque demande et le lien associé par pays et le sort réservé à cette demande. Ce code source a depuis été mis à jour pour supprimer ces détails.»

Mis à jour, oui, mais pas avant que le Guardian n'ait pu faire avec ce qu'il en voulait. Les informations datent du 23 mars 2015. 218.320 demandes avaient alors été envoyées. Plus de 95% d'entre elles ont pour objectif la suppression de liens menant à des «informations personnelles privées». Il existe quatre autres catégories: «crimes importants», «politique», «personnes publiques» et «protection des enfants».

Déréférencement

Pour la France, les chiffres se répartissaient ainsi:

Informations personnelles privées: 44.397 (98%)

Crimes importants: 256 (1%)

Politique: 224 (0%)

Personnalités publiques: 191 (0%)

Protection des enfants: 102 (0%)

55%

Le ratio d’acceptation des demandes de suppression émises par des Français de liens pointant vers des des données personnelles

Le Guardian indique que, dans trois pays seulement, les demandes pour les informations personnelles privées tombaient sous la barre des 90%: l'Italie (85%), la Roumanie (87%) et la Hongrie (88%). En Italie les demandes pour les «crimes importants» atteignent 12% du total.

En général, un peu moins de la moitié (46%) sont acceptées. Pour les quatre dernières catégories, les chiffres tombent à 17%, 23%, 22% et 18%. La citoyens français sont parmi ceux qui obtiennent ce qu'ils souhaitent le plus souvent puisqu'avec 55% des demandes acceptées ils ont le meilleur ratio européen.

Pour rappel, les liens déréférencés ne sont plus disponibles seulement si on tape le nom de la personne. Ils ne sont donc pas totalement bannis par le moteur de recherche. On peut toujours y accéder en tapant d'autres mots-clés.

Par ailleurs, les liens ne sont supprimés que dans les versions européennes du moteur de recherche, comme google.fr, google.it ou google.de.

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