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Un célèbre interprète de chants djihadistes a été tué par une frappe aérienne

Capture d'écran YouTube d'une chanson d’Abû Hâjar al-Hadramî, membre d’al-Qaïda | Ahmed Mohammed via YouTube

Capture d'écran YouTube d'une chanson d’Abû Hâjar al-Hadramî, membre d’al-Qaïda | Ahmed Mohammed via YouTube

Les paroles des chansons d’Abû Hâjar al-Hadramî célébraient la guerre sainte et le martyre.

Cet article a été mis à jour: Maher Meshaal n'est pas le nom d'origine d'Abû Hâjar al-Hadramî, ce sont deux chanteurs différents, contrairement à ce qu'indique CBS News, comme nous l'a précisé le chercheur Romain Caillet.

L'information a été confirmée par des sources au sein d'al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA): le célèbre interprète de chants djihadistes Abû Hâjar al-Hadramî a été tué lors de frappes aériennes.

Il aurait vraisemblablement été victime d'une frappe aérienne américaine dans la ville d’Al Mukalla, au sud du Yémen, le 10 juillet.

Hymne de Daech

Selon les informations de Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes, Abû Hâjar al-Hadramî avait combattu en Irak, avant d'être fait prisonnier en 2007 par l'armée américaine et d'être expulsé vers le Yémen, son pays d'origine.

À 34 ans, il était cadre au sein d'al-Qaïda dans la péninsule arabique, mais était surtout une superstar dans les milieux djihadistes pour ses nombreux chants. Il suffit d'ailleurs de taper son nom dans un moteur de recherche pour tomber sur une liste de vidéos de chanson mentionnant son nom.

Superstar dans les milieux djihadistes

Son titre Salami 'ala Dawla (Passe mon salut à l'État [islamique]) a longtemps été l'hymne de Daech. «Pour l'anecdote, il s'est aussi aussi essayé aux chants en anglais, mais l'expérience a fait un flop», précise Romain Caillet.

Poésie propagandiste

Un autre chanteur, moins connu, a aussi trouvé la mort ce week-end: Maher Meshaal. Il est également décédé lors d'une frappe aérienne, un jour plus tard, le 11 juillet, dans la ville de Hassaké, dans l'est de la Syrie.

Plus jeune qu'Abû Hâjar al-Hadramî, et moins connu au sein de la sphère djihadiste, son nom était pourtant plus populaire «dans les milieux mainstream», indique Romain Caillet:

«Il faisait partie du courant modéré –vu depuis l'Arabie saoudite– et chantait sur certaines chaînes du Golfe. Puis il est parti en Syrie et s'est radicalisé.»

Les «nasheed», forme ancienne de poésie musulmane, sont un élément central de la propagande djihadiste. Ce sont des chants très mélodiques, souvent interprétés a cappella. Ils visent à plonger les auditeurs dans une forme de transe religieuse pendant le visionnage de vidéos YouTube macabres et ultraviolentes de combat ou d'exécution glorifiant la doctrine djihadiste.

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