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La réalisatrice du documentaire sur Edward Snowden porte plainte contre le gouvernement américain

Laura Poitras, en 2010, à Camden, dans le Maine (États-Unis) | Kris Krüg pour PopTech via Flickr CC License by

Laura Poitras, en 2010, à Camden, dans le Maine (États-Unis) | Kris Krüg pour PopTech via Flickr CC License by

Laura Poitras, réalisatrice de «Citizenfour», a été détenue et interrogée plus de cinquante fois dans des aéroports à travers le monde.

Entre 2006 et 2012, la documentariste Laura Poitras, qui a gagné un Oscar pour Citizenfour, son film sur Edward Snowden, a été détenue et interrogée plus de cinquante fois dans des aéroports à travers le monde.

À plusieurs reprises, les autorités lui ont dit qu'elle était sur une liste des passagers interdits de vol, rapporte un article de The Intercept, repéré par Reader. Récemment, des agents lui ont confisqué son équipement électronique pendant quarante-et-un jours et elle a été menacée d'être menottée parce qu'elle prenait des notes.

Dans une plainte déposée le 13 juillet, Poitras demande au ministère de la Justice américain, au département de la Sécurité intérieure et au bureau du renseignement de révéler les informations que le gouvernement détient à son sujet. Elle avait fait une demande officielle en 2013 mais n'a toujours pas obtenu de réponse.

«Harcèlement kafkaïen»

«Je porte plainte parce que le gouvernement utilise les frontières américaines pour contourner la loi. Cela ne doit pas être toléré dans une démocratie. Je fais aussi ce procès en soutien à toutes les autres personnes, moins célèbres, qui ont été soumises à des années de harcèlement kafkaïen aux frontières. Nous avons le droit de savoir comment ce système fonctionne et pourquoi nous sommes visés.»

Les détentions aux aéroports ont cessé en 2012, après un article du journaliste Glenn Greenwald dénonçant le comportement des autorités. Poitras explique que, depuis son documentaire sur l'occupation américaine de l'Irak, My Country, My Country, elle est apparemment sur une liste de personnes à surveiller et considérée comme une menace potentielle.

Pour son procès, Poitras sera représentée par des avocats de l'Electronic Frontier Foundation, une organisation de défense des libertés numériques. Un de ses avocats avait déclaré à The Intercept que «les difficultés que connaît Mme Poitras quand elle voyage suggèrent qu'elle est visée par les agences fédérales à cause de ses activités journalistiques. Ces agences essayent de dissimuler des informations qui révèleraient que leurs tactiques sont illégales. Nous pensons que les juges ne cautionneront pas cette tentative du gouvernement de cacher sa mauvaise conduite sous le voile de la sécurité nationale».

 

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