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Dans le nouveau roman d'Harper Lee, l’avocat de «Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur» a mal vieilli

Gregory Peck (Atticus Finch) et James Anderson dans «Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur» | Universal Pictures via Wikimedia CC License by

Gregory Peck (Atticus Finch) et James Anderson dans «Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur» | Universal Pictures via Wikimedia CC License by

Dans le roman de 1960, Atticus Finch était un avocat en lutte contre le racisme de ses contemporains. Dans «Go Set a Watchman», il est devenu l'un d'entre eux.

À 89 ans, la romancière américaine Harper Lee sort de son mutisme. L’auteur de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur publie mardi 14 juillet la suite de son best-seller, adapté au cinéma avec Gregory Peck, qui avait paru en 1960 et était resté, à ce jour, la seule fiction d’Harper Lee. À vrai dire, Harper Lee ne sort pas tout à fait de son silence avec l’arrivée en librairie de ce nouveau roman Go Set a Watchman (le titre est emprunté au livre d’Isaïe, où il est écrit «Va, et place une sentinelle») car ce livre a été écrit avant son grand succès vieux de cinquante-cinq ans. Harper Lee a d’ailleurs refusé de retravaillé ce matériau brut, ce que déplore The Independent.

«D’un énorme intérêt littéraire, mais d’un mérite littéraire contestable», c’est le fond de la pensée du quotidien britannique au sujet de Go Set a Watchman. Si l’essentiel n’est pas ici dans la force du style, c’est que le livre, appuyé sur le souvenir de son lointain prédécesseur, est davantage qu’un roman dans l’esprit de nombreux Américains. Dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Scout, la jeune narratrice, habitant la ville de Maycomb, dans l’Alabama, décrivait les épreuves traversées par son père, Atticus Finch, un avocat embarqué dans un combat pour défendre un homme noir injustement accusé d’avoir violé une femme blanche.

Paternalisme

Dans Go Set a Watchman, la narratrice est à présent une jeune femme et se rend dans sa ville natale pour y revoir son père. Elle découvre qu’il professe désormais des opinions racistes et a fréquenté la section locale du Ku Klux Klan. Un changement d’état d’esprit d’un personnage de fiction qui ne peut que frapper le public américain, qui a grandi avec l’idée d’un Atticus Finch comme figure de proue du progressisme blanc.

Time affirme, cependant, qu’on aurait tort de s’étonner de pareil revirement et qu’à celui qui a su lire le premier livre d’Harper Lee avec attention rien de tout ça ne doit être inattendu. Le plaidoyer d’Atticus Finch pour sauver son client noir dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur n’était pas dénué, selon la critique, de paternalisme. Sous son meilleur jour et devant des circonstances particulièrement graves, cette attitude d’Atticus Finch a pu se concilier avec son sens de la justice mais cette combinaison est trop fragile pour durer. 

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