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Yanis Varoufakis: «On aurait pu aussi bien chanter l'hymne suédois»

L'ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis à Athène le 28 janvier 2015. REUTERS/Marko Djurica.

L'ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis à Athène le 28 janvier 2015. REUTERS/Marko Djurica.

Les dernières informations sur l'évolution de la situation en Grèce, après qu'un accord a été obtenu lundi 13 juillet au matin au bout d'une longue nuit de négociations.

Cet article présente les dernières informations sur la crise grecque, lundi 13 juillet, et est régulièrement actualisé. Cliquez ici pour le mettre à jour.

En résumé: un accord a été obtenu ce lundi 13 juillet au matin, sur un montant de plus de 80 milliards d'euros. 50 milliards devront être versés sous la forme d’un fonds de gestion des actifs grecs. La Grèce s'engage à des réformes qui devront être votées d'ici le 15 et le 22 juillet.

«On aurait pu aussi bien chanter l'hymne suédois»

L'ex-ministre de l'Economie grecque, Yanis Varoufakis, s'est exprimé dans une interview réalisée par le New Statesman avant l'accord en Grèce et publiée ce 13 juillet. Il revient sur les coulisses des négociations avec la troika (FMI, BCE, Union européenne): 

«Il y avait un refus total d'entrer dans une discussion économique. Point. Vous avez beau avancer une argumentation sur laquelle vous avez réellement travaillé– parce que vous vouliez vous assurer qu'elle était parfaitement logique, cohérente– tout ce que vous avez en face ce sont des regards vides. C'est comme si vous n'aviez pas ouvert la bouche. Tout ce que vous pouvez dire est comme distinct de ce qu'ils peuvent dire. Vous auriez pu chanter l'hymne national suédois que cela aurait été la même chose... Et c'est vraiment à peine croyable, pour quelqu'un qui est habitué au débat académique. En général, on a toujours en face quelqu'un qui se défend... Et là personne n'argumentait. Ce n'est même pas qu'on les ennuyait, c'est comme si nous n'avions rien dit.»

Les banques resteront fermées

Un rassemblement ce soir à Athènes contre l'accord

Un évènement Facebook invite les Grecs à se rassembler ce lundi soir place Syntagma à Athènes pour protester contre cet accord. 

Les Etats qui pourraient rejeter l'accord avec la Grèce

Pour être validé, l'accord doit d'abord passer à la moulinette de plusieurs parlements nationaux de la zone euro. Lemonde.fr a résumé quels parlements doivent se prononcer dans une infographie: l'Allemagne et la Finlande notamment pourraient rejeter l'accord. 

Le Bundestag allemand devrait voter vendredi, a annoncé le président du Bundestag, Norbert Lammmert. Les députés français voteront quant à eux mercredi, et les sénateurs pourraient leur emboîter le pas.

Les mesures imposées aux Grecs d'ici neuf jours

Nous avons traduit les six mesures imposées aux Grecs qu'ils devront avoir prises d'ici neuf jours, et même deux jours pour les quatre premières. Vous pouvez les consulter dans ce papier  et voir les réactions des internautes et commentateurs qui se sont moqué du délai imposé:

Les réformes demandées par l' #Eurogroupe avant mercredi en échange de l'aide #douzeTravauxdHercules #ThisIsACoup pic.twitter.com/urYPkRjtRd

Le texte de l'accord européen

Lundi 13 juillet, 11h08: Voici le texte de l'accord européen diffusé par le service de presse du Conseil européen. 

Les Grecs ne réagissent pas encore  

Peu de réactions encore en Grèce à en croire deux correspondantes sur place, Elisa Perrigueur et Ariane Nicolas:

#ThisIsACoup parmi les sujets les plus tweetés

Sur Twitter, les déçus de l’accord se déchaînent avec le hashtag #ThisIsACoup (en français: «C’est un coup d’État»), estimant que la Grèce perd sa souveraineté. Le mot était l’un des dix sujets les plus tweetés en France («top trends» ou «tendances») sur la page d’accueil de Twitter juste après l’accord. Le Prix Nobel Paul Krugman, qui est aussi éditorialiste au New York Times, a participé à la diffusion de ce terme. Il a publié dimanche 12 juillet un billet dans lequel il écrivait que le hashtag #ThisIsACoup était «complètement juste»:

«C’est plus que dur: c’est une destruction complète, une vengeance pure et simple et une destruction totale de la souveraineté grecque, sans espoir de soulagement.»

François Hollande s’est justifié sur cette perte de souveraineté:

«Alexis Tsipras ne voulait pas que ce soit des privatisations pour rembourser la Grèce mais que ce soit de nouveaux investissements pour le pays, et nous l'avons entendu.»

Les réactions de Hollande, Merkel et Tsipras

«Le rôle de la France, ç’a été de chercher le bon chemin pour la Zone euro et pour l'Europe. L'enjeu était aussi de faire respecter les règles européennes», a annoncé le président français François Hollande.


 

«Les avantages surpassent largement les inconvénients», estime Angela Merkel dans une conférence de presse:


 

C'est un accord de récession

Alexis Tsipras

«L'accord est difficile. Nous avons obtenu que la renégociation de la dette soit sur la table. Le Grexit appartient au passé. Nous avons lutté dur pour obtenir la meilleure solution possible», a quant à lui estimé le Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui a ajouté:

«Je promets de réformer la Grèce. La bataille fut dure et le sera encore. Le peuple doit soutenir nos efforts. C'est un accord de récession, mais le paquet pour la croissance et le nouveau prêt nous aiderons

 

Avantages et désavantages de l'accord pour la Grèce

- Ce que les Grecs obtiennent:

Un troisième programme d'aide à la Grèce est mis en place, d’un montant de 80 milliards d'euros. 50 milliards d’euros devront être générés en privatisations qui iront dans un fonds de gestion des actifs grecs. Ces 50 milliards «seront répartis sur une très longue période», selon François Hollande. L'Eurogroupe est prêt, si nécessaire, à accorder un «délai de grâce» (soit un délai de paiement) et des échéances plus longues après un premier examen du programme grec.

- Les concessions de la Grèce:

La Grèce doit s'engager à mener des «réformes sérieuses», a annoncé le président de la Commission européenne, Donald Tusk, dont sans doute, selon de nombreux commentateurs et journalistes qui ont suivi les négociations, une réforme de la TVA et une réforme des retraites. Des réformes devront être votées par la Grèce «d'ici le milieu de semaine», a annoncé Hollande. Un fonds gérera une partie des actifs grecs, éventuellement par la privatisation. Les Grecs n'ont donc pas entièrement la main sur l'argent qui leur est donné. Le Fonds monétaire international (FMI) participera à l’aide de la Grèce, contrairement à ce que souhaitait la Grèce qui ne voulait solliciter que le Mécanisme européen de stabilité (MES), a précisé François Hollande.

Un accord a été trouvé

Lundi 13 juillet, 9h. Un accord a été trouvé en Grèce, viennent d’annoncer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d’une conférence de presse retransmise sur le site de la Commission européenne et suivie par plusieurs médias, comme Le Monde et France TV info. Il doit encore être validé par des Parlements de la Zone euro avant d'être mis en œuvre. «L'accord fut laborieux», selon Jean-Claude Juncker. Les banques grecques vont rester encore rester fermées quelques jours, a annoncé François Hollande lors d’une conférence de presse séparée.

 

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