La terre pourrait connaître une mini-période glaciaire à partir de 2030

Le Soleil le 10 juillet 2014 | NASA Solar Dynamics Observatory (Little SDO)

Le Soleil le 10 juillet 2014 | NASA Solar Dynamics Observatory (Little SDO)

Une nouvelle découverte sur les cycles solaires prévoit un ralentissement considérable de l'activité de notre étoile.

L’activité de notre soleil va-t-elle brutalement ralentir dans les années 2030? C’est une hypothèse considérée comme très probable par des scientifiques selon une étude rendue publique par la Royal Astronomical Society britannique. Elle s’appuie sur un nouveau modèle des cycles solaires qui donne des prévisions d’une précision sans précédent sur les irrégularités de l’activité de notre étoile.

Le modèle est calculé d’après l’effet dynamo de deux couches de matière composant le soleil, l’une proche de la surface et l’autre la plus profonde dans la zone dite de convection. Ce modèle prévoit aujourd’hui que les deux vagues vont avoir des effets de plus en plus contraire lors du cycle d’activité solaire 25 qui atteint son sommet en 2022 et plus encore lors du cycle 26 qui couvre la décennie 2030-2040, période pendant laquelle l’activité solaire pourrait diminuer de 60% et plonger la terre dans un mini âge glaciaire comme pendant les années 1645-1715.

Ces conclusions ont été présentées le 9 juillet par Valentina Zharkova, Professeur d’astronomie et de mathématique de l’Université de Northumbria.

«Lors du cycle 26, les deux vagues vont exactement être en miroir l’une de l’autre atteignant leur maximum au même moment mais dans des hémisphères opposés du soleil. Cette interaction sera disruptive et elles vont presque s’annuler l’une l’autre. Nous prévoyons que cela va créer une situation ayant les propriétés du «Maunder minimum»», explique Valentina Zharkova. «Quand les vagues sont approximativement en phase, elles peuvent montrer une forte interaction ou résonance et nous avons une forte activité solaire. Quand elles ne sont pas en phase, nous avons un minimum solaire. Quand il y a une séparation totale, nous avons des conditions vues pour la dernière fois pendant le «Maunder minimum», il y a 370 ans», ajoute-t-elle.

Cela fait 170 ans que les scientifiques ont découvert que l’activité du soleil varie selon un cycle compris entre 10 et 12 années terrestres. Chaque cycle est un peu différent du précédent et aucun des modèles jusqu’à aujourd’hui n’avait pu complétement expliquer ces fluctuations. De nombreux physiciens spécialisés dans l’étude du soleil considèrent que les cycles sont liés à un effet dynamo par des fluides de matière circulant dans les profondeurs de l’étoile. Valentina Zharkova et ses collègues ont démontré qu’en ajoutant un deuxième effet dynamo proche de la surface du soleil, les prévisions deviennent beaucoup plus précises et justes.

«Nous avons trouvé que deux vagues magnétiques ont pour origine deux différentes couches de matière à l’intérieur du soleil. Elles ont toutes deux une fréquence d’environ 11 années, même si elles sont légèrement différentes et sont parfois décalées. Au cours du cycle, les vagues fluctuent entre les hémisphères nord et sud du soleil. En combinant les effets des vagues et en les comparant avec les données réelles du cycle actuel du soleil, nos prévisions montrent une exactitude de 97%», affirme Valentina Zharkova.

Valentina Zharkova et ses collègues ont notamment pu construire leur modèle à partir des observations du champ magnétique du soleil depuis l’observatoire solaire Wilcox de Californie. Ils ont examiné trois cycles solaires couvrant les périodes de 1976 à 2008. Les prévisions établies à partir du modèle étaient toutes exactes.

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