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En 2040, les émeutes de la faim pourraient se multiplier

Champ de blé / Zarko Susnjar via Flickr CC License By

Champ de blé / Zarko Susnjar via Flickr CC License By

L'agriculture mondiale est face à un défi gigantesque. Nourrir une population humaine qui ne cesse de croître avec des ressources de plus en plus limitées et une dégradation du climat et de l'environnement.

A en croire un modèle scientifique construit par le Foreign Office (le ministère anglais des affaires étrangères), certains pays et certaines sociétés pourraient s’effondrer à partir des années 2040 à la suite du manque grandissant et chronique de nourriture dans certaines régions du monde. Ce modèle, développé par une équipe du Global Sustainability Institute de l’Anglia Ruskin University prolonge les tendances actuelles. Il ne prend pas en compte d’éventuelles réactions des sociétés qui face aux crises changeraient de comportement, d’habitudes de consommations et de politiques. Mais ce modèle catastrophiste a toutefois le mérite de montrer que notre mode de vie actuel et notamment une surconsommation alimentaire et une surexploitation agricole des pays riches n’est pas durable et pourrait avoir des conséquences planétaires dramatiques.

L’augmentation de la population mondiale et le dérèglement climatique et écologique pourraient rendre de plus en plus difficile une production suffisante de nourriture pour satisfaire les besoins élémentaires de l’ensemble de l’humanité. Pour le Dr Aled Jones, Directeur du Global Sustainability Institute : «avec des évolutions climatiques aujourd’hui très plausibles et face à une totale incapacité à changer le cours des choses, le système mondiale d’approvisionnement en nourriture ferait face à des pertes catastrophiques et une épidémie sans précédent d’émeutes de la faim. Dans ce scénario, des sociétés s’effondreraient quand la production de nourriture serait en permanence inférieure aux besoins». Ce serait notamment le cas en Afrique, dans certaines parties de l’Asie et en Amérique latine.

L’assureur des catastrophes naturelles le Lloyds de Londres a lui aussi fait une évaluation des risques qui pèsent sur la production agricole mondiale. Et il n’est pas optimiste. Il conclut que le système de production alimentaire planétaire est «sous une pression chronique pour faire face à une demande qui ne cesse d’augmenter et sa vulnérabilité est de plus en plus grande à des disruptions liés à des facteurs comme le changement climatique, le manque d’eau et l’instabilité politique».

Selon les projections de la FAO, l’agence de l’ONU spécialisée dans l’agriculture et l’alimentation, la production agricole mondiale  doit plus que doubler d’ici 2050 pour faire face à la demande et elle estime qu’il est impossible aujourd’hui de considérer que le monde consacre suffisamment de ressources pour atteindre cet objectif.

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